Par les temps qui courent, certains employeurs n’hésitent pas à recourir à des emplois précaires pour casser les grèves. Mais c’est interdit par la loi et susceptible d’entraîner la condamnation pénale du chef d’entreprise.
La loi édicte une interdiction absolue de conclure un contrat de travail à durée déterminée pour remplacer directement ou indirectement un salarié dont le contrat de travail est suspendu par suite d’un conflit collectif du travail (Art. L. 1242-6, 1° du Code du travail). En cas de non-respect de cette disposition, l’employeur peut être pénalement sanctionné (Art. L. 1248-3 du Code du travail).
Ainsi, pour parer aux conséquences d’un conflit collectif, il est interdit à l’employeur de recourir au contrat précaire (contrat à durée déterminée ou intérim) quelle que soit la cause de l’interruption du travail (grève ou lock-out).
L’interdiction concerne non seulement l’établissement touché par la grève, mais l’entreprise tout entière (Appel Lyon, 30 mars 1979, M.P. et Syndicat CGT, RPDS 1979, somm. p. 270).
Pour que les éléments constitutifs de l’infraction soient réunis, les tribunaux exigent que l’employeur ait eu, au moment de sa décision d’embaucher des intérimaires, connaissance du mouvement de grève. Si l’embauche a eu lieu avant la grève, l’infraction n’est pas constituée (Cass. crim. 2 déc. 1990, bull. n°330).
CDD-Intérim, pas pour remplacer des grévistes
Par les temps qui courent, certains employeurs n’hésitent pas à recourir à des emplois précaires pour casser les grèves. C’est illégal !
Publié le 28 novembre 2016