«La guerre d’Espagne ne fait que commencer», de Jean-Pierre Barou, aide à comprendre les résonances de la guerre civile dans les récents mouvements des Indignés et de Podemos.
Guernica – Pablo Picasso (juin 1937)
Elle fut un crime contre «les revendications de la conscience» pour Thomas Mann, «un avilissement sans précédent de l’esprit» pour Gide et Camus, «la disparition de l’homme de bonne volonté» pour Bernanos. Jean-Pierre Barou convoque, entre autres, trois prix Nobel et un royaliste catholique pour (re)visiter la guerre d’Espagne en tant que crime contre l’esprit et l’intelligence. Ce n’est, selon lui, qu’aujourd’hui qu’on peut comprendre cette dimension-là de la guerre civile espagnole et apprécier ses résonances dans les récents mouvements des Indignés et de Podemos. Jean-Pierre Barou ne fait pas mystère de sa filiation. L’écriture de cet ouvrage est «né d’Indignez-vous de Stéphane Hessel (qu’il a publié aux éditions Indigène avec Sylvie Crossman) qui a été le livre le plus lu en Espagne ces dernières années, dit-il. Ce fut tellement interpellant que j’ai voulu comprendre». C’est ainsi que «La guerre d’Espagne ne fait que commencer» a pris corps. Il aime à rappeler qu’à son propos, un journaliste espagnol se serait écrié: « Cela fait quarante ans qu’on attend ce message de la France.»