Un père divorcé et fauché emmène sa fille préadolescente et son jeune frère en vacances. Mais il pleut des cordes sans arrêt ! Un joli portrait de famille, sensible, bien vu. Le récit est resserré sur les relations parents-enfants et se concentre sur l’adolescente en quête d’émancipation.
Du cinéma uruguayen, on avait gardé en tête
Whisky, le drame plein d’humour réalisé par Pablo Stoll Ward et Juan Pablo Rebella, il y a dix ans. Et avec un même regard décalé, Gigante d’Adrian Biniez, en 2009. Tous deux avaient remporté des prix à l’international et rencontré le succès auprès du public. C’est dire que ces derniers temps, les films uruguayens sont rares mais de bonne facture.
Un père divorcé et fauché emmène sa fille préadolescente et son jeune frère en vacances dans un centre touristique d’eaux thermales. Les gosses traînent la patte, font la gueule, ramènent tout à leur mère, mais lui est bien décidé à profiter de ce temps pour retisser les liens avec eux. Sauf que voilà : il pleut des cordes sans arrêt. La piscine est fermée. Le bungalow est exsangue.
TEMPS DE CHIEN
Les vacances qui tournent mal, qui exacerbent les conflits, qui font éclater la crise et qui révèlent chaque membre de l’escapade relèvent d’un scénario classique. Ici, c’est le style de la mise en scène et le traitement des personnages qui font la différence.
D’inspiration autobiographique, ce premier long-métrage mis en scène par un duo de réalisatrices, liées depuis l’université, est un joli portrait de famille, sensible, bien vu. Peu d’action, filmage simple et efficace, le récit est resserré sur les relations parents-enfants – belles scènes de complicité père-fille – et se concentre progressivement sur les émois de l’adolescente en quête d’émancipation.
Délicate, jamais mièvre, toujours à la bonne distance, la narration installe sobrement une ambiance dans laquelle ce trio boiteux au départ prend forme naturellement. Le jeu d’acteurs de Nestor Guzzini (déjà repéré dans
Gigante) en père droit et un brin bourru et de Malú Chouza en adolescente introvertie et contrariée, font le reste. Comme en écho à la météo, son humeur est dépressionnaire mais la piscine est une valeur universellement sûre.
https://www.youtube.com/watch?v=FpKC33XCfrQ
Tanta Agua,
d’Ana Guevara Pose et Leticia Jorge Romero.
1 h 42.
En salle le mardi 5 août
Studio Galande
42, rue Galande 75005 Paris 5e
Reflet Médicis
3 rue Champollion 75005 Paris 5e