Marseille capitale de la culture en 2013, fut l’occasion d’un gigantesque remodelage de la ville. Au profit de qui ? Pas des plus pauvres démontre « La fête est finie », pamphlet documentaire de Nicolas Burlaud.
De Marseille ouvrière, bigarrée et terre d’accueil méditerranéenne, il ne subsistera plus que son simulacre joué par des intermittents du spectacle lors des festivités qui ont présidé à l’opération Marseille capitale européenne de la Culture en 2013.
Ce constat est celui que le réalisateur Nicolas Burlaud, membre de Primitivi, l’une des rares télés libres encore actives, dresse dans ce film-électrochoc, bien éloigné de la vitrine montrée aux touristes.
Sacrifiée sur l’autel du profit, Marseille la populaire, capitale de la mixité et de l’accueil, a été le théâtre d’une gigantesque opération politico-immobilière dont la culture n’a été que le prétexte chamarré, l’attrayant cheval de Troie permettant aux promoteurs de tous poils de faire main basse sur les quartiers historiques entourant encore le Vieux Port, comme le célèbre Panier, mais aussi sur une partie de la zone portuaire.
Truffant au passage la ville de plus de 300 caméras de surveillance, sans doute pour veiller à la bonne jouissance des nouveaux habitants – riches – de ces quartiers financièrement inaccessibles à leur population originelle…
L’objectif a d’ailleurs été très crûment expliqué par Claude Valette, adjoint au maire délégué à l’urbanisme : « On a besoin de gens qui créent de la richesse. Il faut nous débarrasser de la moitié des habitants de la ville. Le cœur de la ville mérite autre chose. »
Rencontre avec Nicolas Burlaud