S’appuyant sur les rapports de la Cour des comptes et de l’OCDE, le renforcement du contrôle des chômeurs, expérimenté depuis juin 2013, devrait être généralisé à l’ensemble du territoire dès le mois d’août. À l’encontre des véritables intérêts des demandeurs d’emploi et de leurs recherches.
François Hollande l’a annoncé lundi, il ne sera candidat, en 2017, que si la courbe du chômage est inversée de manière durable en 2016. Cette annonce intervient à quelques jours d’une petite révolution au sein de Pôle Emploi : dès le mois d’août, 200 agents seront dédiés au contrôle des « actes positifs et répétés de recherche d’emploi » des bénéficiaires de l’assurance chômage. Un contrôle « renforcé », comme pour désigner une nouvelle fois les privés d’emploi comme responsables de leur situation, voire comme parasites plombant les comptes de l’assurance chômage…
Ce contrôle accru fait d’ailleurs partie des recommandations de deux rapports publiés en juillet, le premier par la Cour des comptes, le second, par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Dans un document intitulé « Pôle Emploi à l’épreuve du chômage de masse », la Cour des comptes déplore le « renoncement à toute norme précise de fréquence des entretiens » avec les demandeurs d’emploi, et conseille à l’organisme de renouer avec les pratiques de suivi régulier, quitte à recourir à la sous-traitance et à des objectifs individualisés pour les conseillers.
De son côté, l’OCDE ose même évoquer une « générosité » du système français d’allocations, et aller jusqu’à prétendre qu’un tel système « ne peut être durable que si les chômeurs reçoivent les incitations et le soutien dont ils ont besoin (…) et si leur recherche d’emploi est convenablement contrôlée. » En clair, plus d’incitation et plus de contrôle, comme si les privés d’emplois ne cherchaient pas à travailler en dépit d’un marché de l’emploi pléthorique. Sans un renforcement du contrôle, le demandeur d’emploi pourrait bien, à suivre une telle logique, se contenter de collecter son chèque à la fin du mois…
Une logique dénoncée par Josiane Stamp, secrétaire générale du comité des privés d’emploi de la CGT. Pôle Emploi recense « entre 200 000 et 300 000 offres d’emploi nationalement », souligne-t-elle. Un chiffre bien loin de pouvoir satisfaire les 6,2 millions d’inscrits. Les raisons ? Une destruction de nombreux sites industriels, pourtant rentables, afin des satisfaire aux exigences à deux chiffres des actionnaires, et une faible croissance liée en particulier à une demande essoufflée par des rémunérations en berne. En outre, la Cour des comptes le pointe : le faible nombre de pistes proposées tient également d’une déconnexion entre les conseillers Pôle Emploi et les entreprises.
Chômage : la faute aux chômeurs ?
S’appuyant sur les rapports de la Cour des comptes et de l’OCDE, le renforcement du contrôle des chômeurs, expérimenté depuis juin 2013, devrait être généralisé à l’ensemble du territoire dès le mois d’août. À l’encontre des véritables intérêts des demandeurs d’emploi et de leurs recherches.
Publié le 29 juillet 2015
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