Argent (public) trop cher
Le mirage MG Call / IRC (plateforme téléphonique et institut de formation associé) s’est évaporé moins d’un an après son apparition, à Tarbes. Reste le vide et une ardoise salée : plusieurs millions d’euros publics dilapidés et 150 personnes jetées à la rue. La liquidation judiciaire des deux entreprises a été prononcée le 5 octobre.
Publié le 13 octobre 2015
Le mirage MG Call / IRC (plateforme téléphonique et institut de formation associé) s’est évaporé moins d’un an après son apparition, à Tarbes. Reste le vide et une ardoise salée : plusieurs millions d’euros publics dilapidés et 150 personnes jetées à la rue. La liquidation judiciaire des deux entreprises a été prononcée le 5 octobre.
Enfin ! Un mois de lutte pour décrocher, notamment, 12 mois de prise en charge au titre de la formation professionnelle et de la rémunération de fin de formation (RFF), et la saisine du procureur de la République au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale. La victoire des salariés de MG Call et IRC a un goût amer.
Non, ils ne sont pas responsables de la partie de poker menteur qu’a jouée leur patron avec les élus et les pouvoirs publics. Mais oui, ils passent leur tour. Retour à la case précarité. Tout ça, pour ça…
« Ça », c’est une fable qui endort l’État, les collectivités territoriales et Pôle emploi : remise à neuf d’un bâtiment à hauteur de 500 000 € par le Grand Tarbes, qui offre également de différer le paiement du loyer pour 12 mois ; exonération des cotisations patronales ; mobilisation à hauteur de 1 million d’euros du fonds de formation professionnelle et aides à la mobilité par Pôle emploi…
L’argent public coule à flots pour soutenir le projet de Mohamed Gueday : l’installation de 2 entreprises sur le télésite de Bastillac et la création de 400 emplois le 1er décembre 2014. Le nouveau patron, lui, pose sur la table 1 500 € (1 000 pour la plateforme téléphonique, 500 pour l’institut de formation associé).
« La promesse était belle, surtout pour un bassin touché par le chômage (11,4 % au 1er semestre 2015 selon l’Insee, NDLR), mais comment Monsieur Gueday a-t-il pu créer une affaire sans que personne n’ait vérifié sa viabilité et sa crédibilité ? » Brigitte Sorin s’interroge, sans décolérer, sur les raisons d’un énorme gâchis : la mise sur le carreau de 150 personnes et la dilapidation de l’argent public.
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