- jusqu’à 314 licenciements sur le site de Toulouse (31) et le transfert de la quasi-totalité des activités de production vers Gimont (32), le Mexique, le Brésil et la Bulgarie ;
- la vente du terrain du siège toulousain, dont une partie serait maintenue en location ;
- la fermeture à Tarbes (65) de l’usine Latelec, filiale spécialisée dans la conception et la production de systèmes d’interconnexion ;
- la cession de Latécoère Services, autre filiale attachée à la fourniture de prestation de services d’ingénierie ainsi qu’à la conception et la production d’outillages.
QUAND APOLLO ET MONARCH JOUENT À « CASH-CRASH »
Le délégué syndical travaille pour la maison-mère du groupe spécialisé dans la conception et la construction d’éléments de fuselage et de portes, au sein de l’établissement situé rue de Périole à Toulouse. La sidération le dispute à la colère : « On a le sentiment que ces décisions ont été précipitées. » La période de congés qui débute d’ici à la fin de la semaine prochaine, pour une durée de trois semaines, tendrait à confirmer l’hypothèse du militant. Mais la rapidité d’exécution choisie par la direction trouve sa source dans la stratégie mise en place par les fonds d’investissements anglo-saxons Apollo et Monarch, qui contrôlent le groupe Latécoère depuis le printemps dernier : valoriser des actifs plutôt que développer l’outil industriel. Les salariés, cols bleus comme cols blancs, observent inquiets, mais se déclarent réfractaires à toute nouvelle douche froide : « La première concernait les salaires et débouchait en décembre dernier à une grève que le groupe n’avait pas vécue depuis 1972 en Midi-Pyrénées, conclut Florent Coste. Le triple projet qui vient d’être annoncé pourrait être la seconde : aussi loin que l’on se souvienne, Latécoère n’a jamais connu de licenciement. » Ni, comble de l’ironie, une telle santé économique et financière : 24 millions d’euros de résultat opérationnel et un carnet de commandes équivalent à près de 4 ans de chiffre d’affaires en 2015, notamment. Alors non, décidément non, le compte n’y est pas.De la lucha dans l’air ?
Si les salariés du groupe Latécoère commencent à ruer dans les brancards, ils optent également pour d’autres appuis. Tandis que Force Ouvrière et la CFE-CGC détenaient depuis trente-cinq ans la majorité au sein des instances représentatives du groupe, elles ont cédé leur place à la CGT depuis les dernières élections professionnelles organisées voilà 2 mois : « Une première, conclut Florent Coste. Mais le fruit d’un travail devenu crédible, d’une pratique et d’un discours toujours cohérents. »