Tati à vendre
Alors que Tati, l'enseigne à bas prix, était placée en redressement judiciaire le 4 mai, près de 200 salariés manifestaient devant le magasin phare de Barbès, à Paris.
Publié le 5 mai 2017
Après plusieurs mois de tensions, Tati, l’enseigne à bas prix, a été placée en redressement judiciaire le 4 mai par la Tribunal de Bobigny, qui examine des repreneurs potentiels. Inquiets, les salariés se sont mobilisés devant le magasin emblématique de Barbès, à l’appel de l’intersyndicale CGT-UNSA-CGC.
Ils étaient près de 200 à manifester leur colère devant le magasin Tati de Barbès, à Paris, emblème de la marque, en cessation de paiement.
Hier matin, à l’appel de l’intersyndicale CGT-UNSA-CGC et alors que le groupe Agora distribution, maison mère de l’enseigne à bas prix, était mise en redressement judiciaire dans l’après-midi par le Tribunal de Bobigny, les salariés ne cachaient pas leur colère : « On ne sait pas qui part, qui reste, on sait juste qu’on n’a pas été payés le mois dernier ! Surtout qu’avec 1200 euros mensuels pour salaire, on ne vit pas, on survit… », explique Hakima Djellouah, délégué nationale CGT du groupe. Et de regretter : « on aurait pu être beaucoup plus nombreux si on n’avait pas été pris de court et si la direction n’était pas passée derrière les syndicats à menacer les salariés qui voulaient prendre part à la mobilisation ».
L’AGS (le régime de garantie de salaires) devrait prendre le relais et virer les salaires du mois d’avril le 11 mai… Pour l’heure, les offres de reprise seront examinées par ce même tribunal le 29 mai, qui a entériné la mise en place d’une période d’observation de six mois et la nomination d’un administrateur judiciaire. « Heureusement que Sandrine Portemer, élue CGT au CE, s’est démenée pour obtenir un délai car on avait vraiment la sensation qu’on voulait se débarrasser de nous vite fait, note Hakima, elle-même, responsable textile au magasin Tati Stain (93) depuis 13 ans. Les Le Pen et Macron ne vont pas faire leurs courses dans les magasins discount, c’est sûr, mais ils sont bien allés chez Whirlpool où 250 emplois sont menacés, pourquoi pas chez nous ? On est pourtant 1 700 salariés concernés. » Et l’annonce de la vente de la célèbre marque pionnière des petits prix date pourtant de fin février…
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