
La relance par l’investissement
En 2015, la Commission européenne nouvellement désignée adopte un projet de plan d’investissement européen, le plan Juncker. Son but : pallier le manque criant d’investissements en Europe. Bilan.
Publié le 15 novembre 2017, modifié le 16 avril 2026
En 2015, la Commission européenne nouvellement désignée adopte un projet de plan d’investissement européen, le plan Juncker. Son but : pallier le manque criant d’investissements en Europe. Bilan.
Cet article a été publié dans l’édition de novembre 2017 de la NVO
Confrontés à la crise budgétaire qui frappa l’Europe à partir de 2010 dans le sillage de la crise financière, les dirigeants européens n’ont eu de cesse de resserrer la vis des dépenses publiques pour rentrer dans les clous de la sacro-sainte règle d’or budgétaire. Résultat : l’investissement européen est en berne, et ce déficit pèse sur l’emploi et la croissance.
En 2014, « les investissements au sein de l’UE ont chuté de 15 % en dessous de leur pic d’avant crise », constate la Confédération européenne des syndicats (CES) dans son bilan social de l’Union européenne 2015. En cause : le manque d’investissements publics, notamment dans les États membres du Sud, touchés de plein fouet par la crise de la dette, mais aussi la frilosité des banques à prêter aux entreprises, ou encore la faiblesse de la demande qui n’encourage pas les entreprises à investir.
Pour rompre ce cercle vicieux, la Commission européenne a donc annoncé en 2015 un plan de 315 milliards d’euros sur trois ans. Si ce montant peut sembler colossal, l’Union européenne n’a mis, en réalité, que 21 milliards sur la table. Les 294 milliards restants provenant d’investisseurs privés rassurés par la garantie que représente la signature de l’UE.
Ces fonds doivent servir à des « investissements stratégiques dans des domaines clés tels que les infrastructures, l’éducation, la recherche et l’innovation » à hauteur de 240 milliards d’euros ainsi qu’au « financement à risque des petites entreprises » pour les 75 milliards restants.
« Le sens est bon, mais les moyens ne sont pas suffisants, explique Frédéric Imbrecht, membre de la commission exécutive confédérale de la CGT, et surtout il y a besoin de mutualiser. »

Enfin un socle européen de droits sociaux ?
La construction européenne a fait un bond en avant suite à la crise, notamment en permettant des avancées significatives en termes d’union bancaire et monétaire ou de mécanismes de régulation communs. Cependant, il manquait encore un volet social à cette construction.
Dans son discours sur l’état de l’Union prononcé le 13 septembre dernier, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, appelait de ses vœux les États membres à avancer dans ce sens afin de « mettre fin à la fragmentation et au dumping social en Europe » et ce « aussi rapidement que possible, et au plus tard lors du sommet de Göteborg en novembre ».
Une occasion dont la Confédération européenne des syndicats et ses membres entendent se saisir pour promouvoir une convergence « vers le haut » des droits des travailleurs, qu’il s’agisse, entre autres, du salaire minimum européen, de la protection sociale de haut niveau ou encore de la portabilité des droits pour les travailleurs. G.D.
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