Mobilisation pour l’emploi au sein des enseignes de la famille Mulliez
Face à la vague de licenciements dans les enseignes de la famille Mulliez, la CGT organisait un rassemblement le 8 octobre devant le siège d’Auchan, dans le Nord. Un collectif CGT du groupe Mulliez a par ailleurs été créé obtenir la reconnaissance d’une unité économique et sociale à l'échelle de ce groupe tentaculaire.
Publié le 9 octobre 2020
La famille Mulliez a toujours nié l’existence d’un groupe autour d’Auchan. Les différentes enseignes qu’elle détient appliquent pourtant des stratégies communes. À commencer par la multiplication des licenciements, que la CGT est venue dénoncer devant le siège d’Auchan, dans le Nord, début octobre.
Auchan, Flunch, Leroy Merlin, Decathlon… Ils sont des centaines de salariés, ce jeudi 8 octobre, devant les grilles du siège d’Auchan, à Croix (Nord), solidement gardées par les CRS. « Tous unis contre la famille Mulliez », qui possède toutes ces enseignes, proclame la CGT Commerce.
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La galaxie Mulliez Fondée en 1955 et détenue actuellement par 700 cousins de la famille, la « galaxie Mulliez » s’établit autour d’un groupement d’intérêt économique, l’AFM (Association familiale Mulliez), et rassemble, à travers des participations diverses, près de 50 enseignes (Auchan, Alinéa, Saint-Maclou, Jules, Kiabi, Pizza Paï, Électro dépôt…).
Elle réalise un chiffre d’affaires global estimé à plus de 80 milliards d’euros et emploie quelque 500 000 salariés dans le monde. Selon le magazine Challenges, la famille Mulliez est aujourd’hui la quatrième fortune de France, à la tête d’environ 23 milliards d’euros.
Mais aussi les 105 suppressions de postes (sur 320) et la fermeture de six magasins chez Top Office (fournitures de bureau). Ou encore la perte de plus de 1 700 emplois en un an chez Decathlon, dont beaucoup de CDD non remplacés.
« Il y a une stratégie AFM [Association familiale Mulliez, qui gère les participations dans les différentes entreprises, N.D.L.R.]. Quand quelque chose est déployé à Auchan ou Decathlon, c’est diffusé ailleurs », assure Romain Coussin, délégué syndical central CGT à Leroy Merlin, venu de Valence (Drôme).
Il en veut pour preuve la revente en France, Italie, Portugal et Espagne des murs de 42 magasins du groupe Adéo, maison-mère de Leroy Merlin. De quoi faire remonter 510 millions d’euros de cash. « Cela ressemble à ce qui s’était passé auparavant chez Alinéa », relève-t-il.
Mes poignets sont foutus à force de répéter les mêmes gestes. Viviane Kouadio, employée de Flunch à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) et élue suppléante au CSE
« Mes poignets sont foutus à force de répéter les mêmes gestes », dénonce-t-elle. Et à cause des coupures dans le temps de travail, « tu peux passer ta journée sur place, mais ne travailler que six heures ». Si on y ajoute l’annonce récente du plan « Cap à 5 ans », et le mystère qui entoure le nombre et la localisation des restaurants qui fermeront, l’ambiance est lourde.
Pour contrer ces stratégies délétères, un collectif CGT du groupe Mulliez a été mis en place et la bataille relancée pour « faire reconnaître l’existence d’une union économique et sociale [Mulliez, N.D.L.R.] », explique Amar Lagha, secrétaire général de la CGT Commerce.
Avec les autres organisateurs de la mobilisation à Croix – unions départementales CGT du Nord et des Bouches-du-Rhône, CGT Chimie… – le syndicaliste inscrit cette journée dans le cadre de la Marche pour l’emploi et la dignité, qui se conclura par une manifestation à Paris, le 17 octobre.
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