Aujourd’hui, la CGT indique que c’est « une nouvelle dégradation des droits et moyens des travailleurs dans la préservation de leur santé au travail », « cette proposition d’accord vise uniquement à transférer les responsabilités des employeurs, non seulement vers la médecine du travail et les services associés mais aussi sur les travailleurs eux-mêmes ».
Ce texte est dénoncé comme un recul de 30 années par la Confédération alors que celle-ci dispose de propositions que le gouvernement n’a pas souhaité prendre en compte.
https://nvo.fr/le-patronat-refuse-dendosser-sa-responsabilite-sur-la-sante-au-travail/ L’ANI, le premier sur la santé au travail depuis 13 ans, vise à mettre la prévention au centre et à améliorer les dispositifs existants notamment pour les moyennes et petites entreprises. Selon le Medef, il « réforme et modernise les services de santé au travail (SST) qui deviennent des services de prévention et de santé au travail (SPST) axés sur une “offre socle” consacrant “la prévention, le suivi médical et la prévention de la désinsertion professionnelle » (le maintien en emploi des salariés ayant été touchés par des problèmes de santé, NDLR). Pour maintenir les délais et le suivi des visites médicales des salariés « dans un contexte de pénurie », cet ANI « crée une collaboration entre la médecine du travail et la médecine de ville », un point sur lequel les syndicats s’étaient montrés très sceptiques voire opposés. Le texte qui entendait aussi initialement inscrire dans le Code du travail une disposition limitant à une stricte obligation de moyens de prévention la responsabilité des employeurs sur la santé de leurs salariés, conserve un « rappel » de la « jurisprudence » qui « a admis qu’un employeur et ses délégataires pouvaient être considérés comme ayant rempli leurs obligations s’ils ont mis en œuvre des actions de prévention ». La santé au travail, dont la réforme est reportée depuis des années malgré la pénurie de médecins du travail et la dégradation de la santé des salariés selon plusieurs études, reste le parent pauvre des politiques publiques françaises. Parallèlement à cet ANI, une proposition de loi, portée par la députée LREM Charlotte Lecocq, pourrait être déposée à l’Assemblée d’ici la fin de l’année.