Plus de 20 morts parmi les parents depuis mars 2020
Situation jugée « alarmante » par le personnel de ce lycée qui, le 25 mars, répondait à Olivier Véran dans une lettre ouverte au Président et au ministre de l’Éducation rapportant ces chiffres « révélateurs d’un danger grave et imminent ». D’autant plus inquiet que, malgré cette menace potentielle, leur demande de droit de retrait s’est soldée par une fin de non recevoir. « On nous répond que l’on ne peut pas exercer notre droit de retrait parce qu’un protocole sanitaire est mis en place. Mais ça ne marche pas ! La preuve », constate l’enseignant. « Il faut réagir rapidement. S’il s’agit d’un cluster, il faut le limiter. Parce que 2 000 élèves, ça a forcément une incidence ne serait-ce qu’autour du lycée. On a quand même eu plus de 20 morts parmi les parents depuis mars 2020. »Continuité scolaire et peur au ventre
« Je reçois tous les jours des messages de parents qui ont peur d’envoyer leurs enfants au lycée. Et les enfants vont au lycée la peur au ventre parce qu’ils ont peur de ramener cette cochonnerie dans un espace familial où vivent parfois aussi leurs grands-parents », confirme Lidia Sodiant, présidente de la Fédération des conseils de parents d’élèves à Delacroix Laquelle se refuse pourtant à voir fermer le lycée. « La FCPE ne prône pas la fermeture des écoles parce que l’école, c’est parfois une bouffée d’air pour certains élèves mais surtout, l’instruction, c’est la base. Pour tout le monde. L’enfant qui est toute la journée sur les bancs de l’école n’est pas dehors. Il grandit avec cette instruction de l’éducation nationale », plaide la mère de famille. « On a déjà beaucoup de “décrocheurs” dans le 93 donc, à un moment donné, il va falloir faire quelque chose. Comme généraliser les tests. Mais là encore, comme pour le reste, ça traine et en attendant, les profs font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont. » Pas évident en effet d’assurer une continuité pédagogique dans de telles circonstances. « La continuité pédagogique est en dents de scie », résume Éric. « Un site a été mis en place pour nous permettre d’envoyer nos cours mais c’est toujours pareil : plus ils sont nombreux dans la famille, moins il y a d’ordinateur par personne, sans parler des problèmes de connexion. » Quant aux fameuses tablettes distribuées aux élèves par la région pour leur permettre de suivre les cours de chez eux, « elles ne sont pas de bonne qualité et parfois elles ne fonctionnent pas ».Face aux propositions, sourde oreille gouvernementale
« Rien n’a été fait depuis un an. Il manque du personnel pour nettoyer correctement les salles et au lieu de regrouper 2000 élèves dans un seul endroit, on pourrait essayer de les disperser dans les salles de musée ou de théâtre qui sont fermées », propose l’enseignant. « Mais la première chose à faire, ce serait de tester tout le lycée pour connaître l’ampleur du problème et, s’il le faut, fermer quelques jours pour limiter cette épidémie locale. »Devant la très nette augmentation des cas de Covid-19 en milieu scolaire, Jean-Michel Blanquer a dû annoncer le 26 mars la fermeture de « chaque classe au premier cas de contamination » à partir ce lundi 29 mars, voire l’embauche de personnels tout en affirmant que « la positivité en milieu scolaire reste inférieure à celle constatée en novembre 2020 ». Le mea culpa ne fait décidément pas partie du vocable gouvernemental et les moyens, eux, continuent de se faire attendre. Parents et enseignants ont l’intention de les exiger.