Superprofits : les taxer oui, mais pas que…
Entreprises énergétiques, de transport ou encore pharmaceutiques affichent des résultats littéralement « extraordinaires ». L’idée d’une taxation de ces « super-résultats » fait son chemin, mais n’en demeure pas moins insuffisante.
Publié le 13 octobre 2022
Entreprises énergétiques, de transport ou encore pharmaceutiques affichent des résultats littéralement « extraordinaires ». L’idée d’une taxation de ces « super-résultats » fait son chemin, mais n’en demeure pas moins insuffisante.
Cet article a été publié dans l’édition d’octobre 2022 de la Vie Ouvrière Ensemble
J’aimerais qu’on arrête de jeter la pierre aux grandes entreprises », déclarait Roland Lescure, ministre délégué à l’Industrie sur France Info, le 30 août. Le même jour, à l’université d’été du Medef, Bruno Le Maire s’interrogeait sur ce qu’est un « superprofit » : « Je sais que les entreprises doivent être profitables, c’est tout ce que je sais. » De ce point de vue, le ministre de l’Économie peut être satisfait : la France compte plusieurs championnes en la matière. Par exemple, le groupe de fret maritime CMA-CGM détenu par la famille Saadé affiche 15 milliards de dollars de profits pour le seul premier semestre 2022 *. En un an, la richesse des Saadé est passée de 6 à 36 milliards de dollars. TotalEnergies enregistre quant à elle un bénéfice de 16 milliards de dollars en 2021. Et son année 2022 s’annonce encore plus profitable avec 10,5 milliards déjà engrangés au premier semestre *. Autre exemple : les bénéfices du groupe pharmaceutique Sanofi ont crû de 20 % entre 2018 et 2021 *. Ces entreprises ont en commun d’avoir généré des profits exceptionnellement élevés, au regard de ceux réalisés dans une conjoncture économique, sanitaire ou diplomatique « stable ». Et ce, en profitant de facteurs extérieurs à leur stratégie de production, telle la flambée des prix énergétiques renforcée par la guerre en Ukraine, celle des prix du transport de marchandises provoquée par la reprise économique post-Covid ou encore l’explosion des besoins en matériel médical et pharmaceutique inhérente à la crise sanitaire. Ces profiteurs de crises et leurs actionnaires se nourrissent de la spéculation, au moment où de plus en plus de Français tirent le diable par la queue.
* Les chiffres mentionnés sont extraits des résultats financiers publiés par les entreprises citées.
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