De l'influence austéritaire des agences de notation
Alors que la France est dans l'attente de la notation annuelle de sa dette, le ministre de l'Economie a annoncé des coupes drastiques de dix et vingt milliards d'euros pour 2024 et 2025. Sans lien entre les deux événements, assure-t-il. Vraiment ?
Publié le 25 mars 2024
Alors que la France est dans l’attente de la notation annuelle de sa dette, le ministre de l’Economie a annoncé des coupes drastiques de dix et vingt milliards d’euros pour 2024 et 2025. Sans lien entre les deux événements, assure-t-il. Vraiment ?
Comme un rituel, les trois principales agences mondiales, Fitch, Moody’s et Standard & Poor’s, livrent à chaque printemps leur verdict sur l’état de la dette française. Avec le dépassement des 5% de déficit, des 3 000 milliards d’euros de dettes et des 110% du PIB, les paris vont bon train sur une baisse de ces notes. Ce qui renchérirait le coût du financement de cette dette, en obligeant l’Etat à majorer le taux d’intérêt servi aux souscripteurs des obligations qu’il émet. Un système, dénonce la CGT, basé « sur une conception financière de l’évaluation » et qui, « au motif de maîtrise de la dette publique », conduit à « des politiques d’austérité basées sur des réductions drastiques des dépenses publiques ». Les ministres de l’Economie et des Comptes publics ont pris les devants, annonçant des coupes de dix et vingt milliards d’euros en 2024 et 2025, qui viseront notamment la culture, les collectivités locales, la politique de l’emploi, la rénovation énergétique…« Nous ne le faisons pas pour les agences de notation, mais pour les Français », assure Bruno Le Maire. Pour le gouvernement, « il serait humiliant d’avoir une mauvaise note », rétorque Dominique Plihon, des Economistes atterrés, qui y voit « des effets d’annonce » à destination des marchés financiers, pour les persuader « qu’on est sérieux et qu’on baisse notre dette ». Un message également destiné, explique-t-il, « à la Commission européenne et aux partenaires [de la France] considérés comme les plus sérieux comme l’Allemagne et les Pays-Bas », afin de les rassurer sur le respect du Pacte de stabilité et de croissance.
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