Pourquoi avoir choisi d’exercer en droit du travail ?
Au début de ma carrière, je ne me destinais pas au droit du travail, mais plutôt au droit des affaires. Cependant, les cours de droit du travail dispensés par le professeur Pélissier m’ont rapidement plus intéressée que le droit des affaires. Pendant mes études de droit, j’ai travaillé en qualité d’assistante de justice et j’ai été affectée aux côtés d’un juge départiteur. C’est cela qui a achevé de me convaincre que le droit du travail était ma voie. J’ai pu proposer des rédactions de jugements et rédiger des arguments en faveur des salariés. Le juge départiteur pour lequel je travaillais me disait qu’il fallait juger « en équité », et le plus souvent, cela était favorable au salarié. Ensuite, lors de mes débuts en cabinet, on m’a confié des affaires en droit du travail. Très vite, je me suis totalement consacrée à la défense des salariés, et mon cabinet s’est spécialisé dans cette défense. Peu à peu, en prenant des dossiers de l’aide juridictionnelle, je me suis fait connaître. J’ai également tenu un blog en droit du travail grâce à une plateforme mise à disposition par le Conseil national des barreaux. Cela m’a permis de me faire connaître en qualité d’avocate des salariés. Mon cabinet traite essentiellement des dossiers individuels, c’est-à-dire des dossiers de salariés qui ont rencontré des difficultés avec leur employeur.
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“Il y a une réelle attente face à l’urgence climatique”
Nicolas Debaisieux
Des propos homophobes, islamophobes et anti-immigration, pro-Algérie française. Des avocates officiant à la CNDA alertaient alors sur le fait que ses convictions politiques rejaillissaient en audience. Une avocate comptabilisant quarante-neuf rejets rendus sur les cinquante audiences où il avait jugé seul.
Quels types de dossiers traiez-vous ?
Je traite beaucoup de dossiers où il est question de harcèlement moral, de souffrances au travail qui aboutissent à des licenciements pour inaptitude. Beaucoup de dossiers aussi portent sur de la souffrance au travail dont les salariés n’arrivent pas à se sortir, et nous faisons la demande d’une résiliation judiciaire du contrat de travail. Je viens d’avoir, par exemple, le cas d’une salariée qui, après trente ans de travail dans un grand magasin en qualité de secrétaire de direction, a été affectée à la caisse. Elle a vécu cette situation comme une rétrogradation, même si elle a gardé son salaire. L’employeur a bien été condamné, mais il est allé jusqu’en appel. Il y a aussi beaucoup de dossiers qui concernent les conventions de forfait-jours et le paiement d’heures supplémentaires. Je viens d’avoir le cas d’une convention de forfait qui n’était pas signée par la salariée : elle était utilisée par l’employeur pour lui faire réaliser un nombre très important d’heures de travail sans payer les heures supplémentaires qui étaient normalement dues. Beaucoup de dossiers concernent aussi des licenciements. Cependant, avec l’application du barème Macron, on constate que les salariés qui ont de petites anciennetés ne contestent plus leur licenciement, même s’ils ont été injustement licenciés. Seuls les salariés à faible ancienneté qui ont accès à une protection juridique ou à l’aide juridictionnelle viennent contester leur licenciement. Mais tous les salariés qui ont au moins deux ans d’ancienneté et qui travaillaient dans une entreprise de plus de 11 salariés ne peuvent plus bénéficier de l’ancienne loi. Celle-ci disposait qu’en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse, leur était automatiquement allouée une indemnité de six mois de salaire (il faut à présent attendre au moins cinq ans d’ancienneté pour retrouver ce niveau d’indemnisation).
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Les prises de position publiques de Jean-Marie Argoud sur les réseaux sociaux sont de nature à créer un doute sur son impartialité en tant que juge de l'asile
Céline Verzeletti![]()
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Le dernier numéro de la Vie Ouvrière explore en profondeur la question de la précarité énergétique. Il examine les origines de ce phénomène, ses impacts sur la vie quotidienne et les mobilisations actuelles pour y remédier.