Afghanistan : le syndicalisme malgré la guerre
Dans un pays en guerre depuis près de 40 ans, NUAWE tente de se réorganiser pour défendre les droits des travailleurs. Une délégation de ces syndicalistes s’est rendue à Paris à la rencontre de la CGT.
Publié le 28 août 2017
Dans un pays en guerre depuis près de 40 ans, le syndicat afghan NUAWE tente depuis quelques années de se réorganiser pour défendre les droits des travailleurs. Une délégation de ces syndicalistes s’est rendue à Paris à la rencontre de la CGT.
La visite de Maroof Qaderi, président du NUAWE, et de Imamudin Hamdard, responsable des relations internationales du syndicat afghan, s’inscrit dans une politique d’ouverture à l’international du syndicat. NUAWE a en effet rejoint, il y a 4 ans, l’Organisation internationale du travail (OIT) et la Confédération syndicale internationale (CSI).
« Nous sommes en contact avec des syndicats du monde entier pour acquérir de l’expérience auprès d’eux » explique Maroof Qaderi, « nous voulons nous inspirer des syndicats comme la CGT, entre autres pour réfléchir à l’établissement des négociations sociales en Afghanistan. »
Le syndicat, qui revendique 161 000 adhérents, est le principal syndicat du pays et représente essentiellement des fonctionnaires (personnel des armées, personnel hospitalier, enseignants…), mais aussi des salariés du privé, essentiellement dans le secteur de la télécommunication, l’agriculture ou l’enseignement supérieur. Parmi ses membres, précise Maroof Qaderi, figurent « aussi bien des hommes que des femmes. »
C’est que le syndicat est en pleine transformation. En 2011, après 3 jours de manifestation à Kaboul, les militants ont imposé un changement de statut au sein de NUAWE. Le syndicat, qui était auparavant « sous la coupe du gouvernement », s’émancipe et revendique désormais son indépendance et un fonctionnement totalement démocratique : après les manifestations, « des élections ont été tenues pour désigner le président, le vice-président et ratifier les nouveaux statuts du syndicat, » explique le syndicaliste, le tout sous la surveillance d’observateurs internationaux.
Cette transparence dans le système électoral se retrouve également dans le fonctionnement du syndicat. Les unions locales ont été équipées d’ordinateurs afin que chaque syndiqué puisse vérifier les comptes du syndicat. « Si un travailleur, qui paye une cotisation, demande ce qu’on fait de son argent, on peut lui rendre des comptes. »
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