ArcelorMittal épinglé à Fos-sur-Mer sur l’exposition aux cancérigènes

Un rapport de l’inspection du travail fait état d’une exposition des salariés d’ArcelorMittal de Fos-sur-Mer à des agents cancérigènes pour des seuils 32 fois supérieurs aux normes autorisées.

Par Régis Frutier
Par Régis Frutier
Publié le 9 février 2019
Afin d’éviter les plans sociaux, revendiquer la nationalisation n’est pas forcément l’option la plus coûteuse pour les finances publiques. © Boris Horvat / AFP
Boris Horvat / AFP
De récentes révélations publiées par Mediapart font état de la surexposition des salariés d’ArcelorMittal de Fos-sur-Mer à des cancérigènes. La CGT dénonce depuis de nombreuses années les déficiences de protection aux fumées toxiques. Des actions juridiques commencent à porter leurs fruits.
Un rapport de l’inspection du travail d’octobre 2018 met en évidence les carences d’ArcelorMittal en matière de protection des salariés face à des dégagements de fumée, notamment à la cokerie. Dénoncée par le média en ligne Mediapart, puis repris dans un reportage de France 3 Provence-Alpes, l’affaire commence à faire grand bruit. Sandy Poletto, secrétaire du syndicat CGT d’ArcelorMittal Fos, se félicite de voir la question mise sur la place publique alors que, depuis plusieurs années, le CHSCT aujourd’hui intégré au CSE avait alerté. Les concentrations de benzo(a)pyrène ont été mesurés à des taux de concentration allant de 340 % à 3 200 % de la valeur limite. Ces taux sont susceptibles de provoquer de nombreuses pathologies, dont des cancers. « Depuis ces révélations, la direction a diffusé plusieurs flashs pour remettre en cause ces mesures », déplore le secrétaire du syndicat. Une stratégie de déni dont Arcelor est coutumière. D’ailleurs, en date du 4 juillet 2018, ArcelorMittal a été condamné pour faute inexcusable, suite à l’exposition au benzène dont a été victime un salarié, victime d’un cancer du sang, par le tribunal des affaires de Sécurité sociale de Marseille. La CPAM a reconnu le caractère professionnel de la maladie. « Depuis quarante ans, au moins 6000 salariés ont travaillé sur le site. Au moins la moitié a été directement exposée, mais la difficulté est de faire reconnaître le lien de causalité des cancers, que nie Arcelor », explique le syndicaliste. Avec l’Adevimap (Association de défense des victimes de maladies professionnelles de l’ouest de l’étang de Berre) et l’union locale CGT, une campagne va être lancée pour la reconnaissance des maladies professionnelles.
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