Au lycée Monod, élèves et enseignants en colère contre la réforme des lycées pro
Plus d’une vingtaine d’enseignants, élèves et soutiens CGT Éduc’Action étaient mobilisés devant le lycée professionnel Théodore Monod à Noisy-le-Sec (93) mercredi 17 mai. Contre la réforme du lycée professionnel, ils dénoncent la baisse de qualité de l’enseignement et la transformation des élèves en « main d’œuvre peu qualifiée » et « bon marché ».
Publié le 18 mai 2023
Plus d’une vingtaine d’enseignants, élèves et soutiens CGT Éduc’Action étaient mobilisés devant le lycée professionnel Théodore Monod à Noisy-le-Sec (93) mercredi 17 mai. Contre la réforme du lycée professionnel, ils dénoncent la baisse de qualité de l’enseignement et la transformation des élèves en « main d’œuvre peu qualifiée » et « bon marché ».
« Oui, il y a un problème en France avec le lycée pro. Pourquoi les élèves choisissent le plus souvent de s’orienter vers le tertiaire ? Car c’est ce qui ressemble le plus au bac général. L’industrie, les élèves ne veulent plus faire ça. Mais le problème c’est qu’ils n’ont plus le niveau pour continuer en BTS et cela est entièrement dû aux réformes précédentes qui ont appauvri l’enseignement en filière pro. Et cette nouvelle réforme inique est dans la continuité de la destruction du lycée professionnel. » s’insurge Inès*, enseignante en histoire au lycée Théodore Monod. Le 4 mai dernier, le président Emmanuel Macron et le ministre de l’éducation Pap Ndiaye s’attaquent à la réforme des lycée professionnels et promettent d’investir « 1 milliard d’euros dans ce domaine ».
J’ai l’impression qu’ils font ça aux minorités car certains parents d’élèves ne parlent pas français
« La nouvelle réforme nous fait peur, car on n’a plus le choix. Ces filières tertiaires sont importantes et ils veulent faire de nous des petites mains. J’ai l’impression qu’ils font ça aux minorités car certains parents d’élèves ne parlent pas français donc ils ne peuvent pas se défendre. On a de la chance d’être en France et de pouvoir étudier sans trop de frais de scolarité. J’ai le sentiment avec cette réforme on va aller vers des écoles privées hors de prix et nous cantonner à faire des métiers dont on n’a pas envie. Je veux qu’on nous écoute ! », s’exclame Manelle, élève en terminale venue avec plusieurs camarades de classe. La mise à mal du lycée professionnel en France ne date pas d’hier. Déjà en 2009, pendant le quinquennat Sarkozy, les enseignants et organisations syndicales s’attendaient à ce que le niveau baisse avec le passage du baccalauréat professionnel de 4 à 3 ans. La réforme Blanquer en 2019, a accentué les choses en diminuant le nombre d’heures d’enseignement généraux. « Nous notre mission c’est d’accompagner les élèves se forger un esprit critique et d’être des acteurs et des citoyens pleinement intégrés dans la société », appelle la professeure d’histoire. Là, on va clairement créer un monde avec un gouvernement qui assume de mettre au ban de la société un tiers des jeunes français. » La mobilisation devant le lycée se poursuit jusqu’au 30 mai et jusque-là, aucun examen n’aura lieu.
*Le prénom a été modifié
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