CDG Express : en marche arrière ?
À la suite des usagers des transports qui n’ont de cesse de dénoncer le projet du Charles-de-Gaulle Express, de nombreux élus montent au créneau. Redoutant ses incidences sur le trafic, ils exigent le gel des travaux.
Publié le 21 février 2019
À la suite des usagers des transports qui n’ont de cesse de dénoncer le projet du Charles-de-Gaulle Express, de nombreux élus montent au créneau. Redoutant ses incidences sur le trafic, ils exigent le gel des travaux.
La mobilisation tenace des opposants au CDG Express a-t-elle payé ? Alors que les travaux de cette liaison ferroviaire directe entre la gare de l’Est et l’aéroport de Roissy devaient démarrer en janvier, la présidente de la région et d’Île-de-France Mobilités, Valérie Pécresse, a demandé à l’État la suspension du projet.
Motif officiel : les impacts des travaux sur le réseau de transports franciliens et tout particulièrement sur la ligne B du RER, déjà fortement perturbée : « Même si les bénéfices du CDG Express pour l’attractivité de notre région sont réels, les travaux générés par ce projet dans son calendrier actuel pourraient durablement détériorer la vie quotidienne de millions de Français », indique le communiqué de la présidente qui considère que la priorité doit être donnée aux 900 000 voyageurs quotidiens du RER B.
Lui emboîtant le pas, la maire de Paris, Anne Hidalgo et le président du conseil de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, ont à leur tour exigé le gel des travaux du CDG Express, rejoints par les présidents du Val-d’Oise et de la Seine-et-Marne.
De leur côté, associations d’usagers et autres opposants historiques au CDG Express devraient se réjouir de ces nouvelles prises de position des élus. Mais après des années d’alertes et d’interpellations restées sans suites, la prudence est de mise : « C’est le conseil d’IDF Mobilités, que nous n’avons eu de cesse de rencontrer, qui a pesé lors du conseil du 12 décembre et obtenu la demande de suspension des travaux. Tout comme madame Pécresse, de plus en plus d’élus concernés semblent aujourd’hui mieux mesurer la catastrophe qui s’annonce », affirme Dominique Launay, le vice-président du collectif « Non au CDG Express ».
Autre contribution à cette prise de conscience générale, les dernières études d’impact qui montrent que, tel qu’il est conçu actuellement, le chantier du CDG Express va entraîner de sérieuses dégradations en cascade : sur le RER B en premier lieu et, par effets cumulés, sur l’ensemble du réseau, notamment les lignes D, E, K et P.
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