Comment combattre l’extrême droite
La CGT organisait une journée de réflexion sur la progression des forces d’extrême droite pour mieux les combattre lors de son comité confédéral national le 27 août 2024.
Publié le 3 septembre 2024
La CGT organisait une journée de réflexion sur la progression des forces d’extrême droite pour mieux les combattre lors de son comité confédéral national le 27 août 2024.
Devant un parterre de dirigeants de fédérations, d’unions départementales et de la commission exécutive confédérale représentant son comité confédéral national (CCN), le « parlement » de la CGT, quatre représentants de syndicats étrangers ont d’abord échangé sur la situation de l’extrême droite dans le monde. En Europe, mais aussi en Amérique, le nationalisme d’extrême droite gangrène les sociétés. En Italie, en Hongrie, en Slovaquie, en Suède, en Finlande, en Lettonie, l’extrême droite est soit au pouvoir, soit participe au gouvernement.
Nous savons bien que lorsque l’extrême droite parvient au pouvoir, elle trahit les aspirations populaires sur les retraites, le Smic pour réconforter les milieux économiques
« L’extrême droite a réussi à politiser les peurs. Un fatalisme de classe s’est installé, les gens sont des plus en plus convaincus que le partage des richesses est inatteignable. Alors, c’est plus facile d’imaginer les petits gains que l’on pourrait obtenir en opposant une catégorie de la population à une autre, que les possibles gains très importants que l’on pourrait obtenir dans le partage des richesses », enchaîne Ludovic Voet, représentant de la Confédération Européenne des Syndicats (CES). Lequel alerte de l’influence des gouvernements d’extrême droite au sein du Conseil européen, en capacité de bloquer toutes avancées sociales, dans un contexte d’austérité où les licenciements s’annoncent massifs. « Nous savons bien que lorsque l’extrême droite parvient au pouvoir, elle trahit les aspirations populaires sur les retraites, le Smic pour réconforter les milieux économiques », soutient Ludovic Voet. L’extrême droite aux manettes, Salvatore Marra, représentant de la CGIL, syndicat italien, la pratique depuis l’arrivée au pouvoir en 2022 de la néofasciste Georgia Meloni, présidente du conseil des ministres. Quelques mois auparavant, le siège du syndicat italien avait été vandalisé par des militants fascistes de Forza Nuova. « Georgia Meloni a commencé par supprimer l’équivalent du RMI. Pour elle, les pauvres sont coupables, c’est leur responsabilité s’ils sont pauvres, c’est à eux de se débrouiller. Il n’y a plus de dialogue social en Italie. Les syndicats sont informés, mais aucune décision n’est prise avec eux sur les salaires, la santé, l’éducation. Le gouvernement Meloni est aussi très conservateur : pour lui, la place de la femme est au foyer, le mariage est entre un homme et une femme. Un projet de loi avait même été déposé au parlement italien pour interdire la féminisation des titres institutionnels sous peine d’une amende de 5000 euros ».
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