L’assassinat terroriste d’un policier jeudi soir à Paris sur les Champs-Élysées à quelques heures du scrutin présidentiel ne saurait détourner la société de la défense de la démocratie et de ses aspirations sociales. Au-delà de toute la compassion que nous exprimons ici aux victimes et à leurs proches, l’heure est aussi à la raison.
Le tueur ne s’y est pas trompé en choisissant la cible, le lieu, le moment du meurtre. À moins de trois jours de l’élection présidentielle, tandis que les candidats se succédaient sur le plateau de France 2, l’agresseur a tué un policier d’une balle dans la tête et en a blessé deux autres sur les Champs-Élysées à Paris, avant d’être tué à son tour. Une touriste a elle aussi été blessée. Au-delà de toute la compassion que nous exprimons pour les victimes et pour leurs proches, l’acte terroriste doit aussi appeler à la réflexion, et à la lucidité. À l’heure où nous publions ces lignes, l’enquête est en cours. Mais déjà l’Organisation de l’État islamique (OEI) a revendiqué l’attentat, que ce soit vrai ou non.
Après les différentes arrestations de ces derniers mois et de ces derniers jours en France, qui ont permis de déjouer d’autres attentats, après les attentats commis au sud de la Méditerranée et dans plusieurs capitales européennes, les meurtriers ont choisi de cibler la police. Mais au-delà de la stratégie propre de l’OEI, tandis que se clôt la campagne, le tueur et ceux dont il s’est inspiré – ou qui ont commandité – en réveillant la terreur, espérait faire de la peur le moteur d’un scrutin qui ne serait plus dès lors guidé par la raison ni les espoirs, mais par des affects morbides sinon mortifères pour la société et son avenir. Sa finalité : non seulement tenter de toucher au cœur la démocratie, mais aussi, en même temps, de dévoyer les aspirations démocratiques et sociales vers un consensus d’abord prétendument identitaire inscrit dans un état de guerre qui délégitimerait toute aspiration populaire ; de tendre un piège à la société en inscrivant le moment électoral dans le leurre d’une guerre des civilisations.
Certains candidats ne s’y trompent pas qui mettent en avant l’idée d’une guerre de cette nature.
La démocratie plus forte que la terreur
L’assassinat terroriste d’un policier jeudi soir à Paris sur les Champs-Élysées à quelques heures du scrutin présidentiel ne saurait détourner la société de la défense de la démocratie et de ses aspirations sociales.
Publié le 25 avril 2017
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