Euriware : vers une délocalisation de la sécurité nucléaire

Envoyer les plans des centrales nucléaires françaises à l'étranger, c'est l'idée que combat la CGT d'Euriware, une ancienne filiale d'Areva. D'autant plus qu'un tel transfert pourrait être accompagné d'une délocalisation de leur activité en Pologne ou en Inde. "

Par Fekher Turki
Par Fekher Turki
Publié le 30 septembre 2014
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Envoyer les plans des centrales nucléaires françaises à l’étranger, c’est l’idée que combat la CGT d’Euriware, une ancienne filiale d’Areva. D’autant plus qu’un tel transfert pourrait être accompagné d’une délocalisation de leur activité en Pologne ou en Inde.
Autrefois filiale d’ingénierie numérique d’Areva, l’entreprise Euriware a récemment été rachetée par le géant français du numérique, CapGemini. Ce rachat, bien qu’accompagné de garanties quant à la sûreté du nucléaire français et aux emplois, inquiète les salariés. En effet, Euriware, qui emploie près de 1800 salariés essentiellement à Cherbourg, dans la Manche, ou à Chambery, en Savoie, assure la gérance des systèmes informatiques de ses clients, parmi lesquels le groupe nucléaire français Areva. Mais depuis le rachat, les salariés se soucient de l’avenir de leur entreprise en France.

Euriware : vers une délocalisation de la… par Guillaume Desjardins

  Si le groupe CapGemini est largement implanté en France, il l’est aussi en Pologne ou en Inde, d’où l’inquiétude des salariés de voir leur activité confiée à des pays à bas coûts salariaux. Mais selon Christian Petit, directeur général de CapGemini, les salariés n’ont aucune crainte à avoir sur ce terrain. « Le groupe CapGemini, » explique Christian Petit, en évoquant l’accord d’acquisition contracté avec Areva, « s’est engagé à ne pas faire de PSE pendant deux ans, à compter de l’acquisition, » ce qui mettrait les employés d’Euriware à l’abri d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) jusqu’à mai 2016. De plus, la plupart des clients d’Euriware ont choisi ce prestataire précisemment « parce que nous avons une prestation française, délivrée à partir de la France, » ajoute-t-il, expliquant qu’une délocalisation de ces activités sensibles serait préjudiciable au portefeuille client d’Euriware du fait des menaces de cyber-attaques dont le secteur peut faire l’objet. Mais pour Thierry Achaintre, secrétaire général CGT Euriware et délégué syndical, la lettre d’engagement signée entre CapGemini et Areva, sensée protéger les emplois, ne concerne que les employés « Euriware. » Ainsi, en accélérant l’intégration des anciens Euriware au sein de CapGemini, ceux-ci ne seraient plus protégés par l’accord. À terme, Achaintre prévoit un maintien, certes, du nombre d’employés, mais aussi une modification des postes concernés. Des postes resteraient en France, mais des postes différents de ceux qui y existent aujourd’hui. Ainsi, des emplois liés à l’administration du « cloud computing, » le fameux informatique en nuage, géré par un personnel plus jeune, remplaceraient les emplois actuels liés aux secteurs sensibles. « L’externalisation de l’informatique d’Areva chez CapGemini, » expliquait Thierry Achaintre au Forum Social de la Fête de l’Humanité, « ça veut dire une délocalisation en Inde et en Pologne de la gestion des matières nucléaires au niveau informatique. Ca n’a l’air de rien, mais ça veut dire qu’aujourd’hui, la sécurité nucléaire par l’informatique est remise en question. » Après avoir tenté, en vain, d’empêcher la vente d’Euriware à CapGemini, la CGT Euriware demande désormais de meilleures garanties en termes d’emploi et d’implantation géographique. En savoir plus : –Areva-Euriware. Un impératif 
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