Fret SNCF sur les rails d'une liquidation
Le 20 novembre, l’ensemble des organisations syndicales appellent à une grève de 24h pour défendre l’avenir du Fret SNCF, menacé de « liquidation » au 1er janvier. Les débrayages pourraient prendre en décembre si la demande de moratoire sur le démantèlement de l'opérateur public portée par les syndicats n’est pas entendue.
Publié le 14 novembre 2024
Le 21 novembre, l’ensemble des organisations syndicales de cheminots appellent à une grève de 24 heures pour défendre l’avenir de Fret SNCF, menacé de « liquidation » au 1er janvier. Les débrayages pourraient prendre en décembre si la demande de moratoire sur le démantèlement de l’opérateur public, portée par les syndicats, n’est pas entendue.
C’est ni plus ni moins la fin du fret ferroviaire public qui se profile. Lors d’une réunion de conciliation qui s’est tenue le 28 octobre en présence du ministre délégué aux Transports François Durovray, les organisations syndicales ont appris le maintien du plan de discontinuité élaboré par l’État français et la Commission européenne pour le fret ferroviaire public. Ce plan programme la disparition au 1er janvier 2025 de Fret SNCF, avec sa séparation en deux filiales de droit privé : Hexafret pour le transport de marchandises et Technis pour la maintenance du matériel roulant.
La procédure, qui crée de grandes incertitudes sociales avec le passage sous droit privé et la suppression de 500 postes de cheminots, fait planer de lourdes menaces sur l’avenir du fret en France. Ce processus d’ouverture à la concurrence, porté depuis les années 1990 par Bruxelles, et contre lequel l’ensemble des organisations syndicales représentatives est vent debout, a été lancé suite à une enquête de la Commission européenne soupçonnant l’État français d’avoir versé des aides publiques illégales pour un montant total de 5 milliards. « Ce scénario est apparu il y a un an et demi sur une soit-disant injonction de l’Union européenne, mais en réalité le gouvernement travaillait dessus depuis longtemps », estime Cédric Robert, de la CGT Cheminots.
« Fret SNCF va être obligé de céder pour dix ans ses 23 tronçons les plus rentables au privé. Autant dire que c’est la mort de l’opérateur public », Cédric Robert, de la CGT cheminots.
« Aujourd’hui le transport par fret ne représente que 9 % du transport de marchandises du fait d’un manque de stratégie mais aussi d’investissement sur les installations ferroviaires, pointe Cédric Robert. La SNCF n’est pas allée chercher de nouveaux clients, les trains postaux ont été liquidés, les entrepôts des grands logisticiens comme Amazon ne sont pas embranchés, pareil pour nos grands ports : tout est acheminé par camions. » Les organisations syndicales craignent que la privatisation du transport de marchandises sur rail ne se solde par un échec et ne se traduise par un report modal supplémentaire vers la route, comme cela s’est observé depuis des années avec les politiques de dérégulation.
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