Gironde. Postiers en surcharge de courrier

Depuis décembre, de nombreux conflits sociaux ont éclaté dans les bureaux de poste girondins. Un climat tendu dû à la politique de non-remplacement des personnels absents. À bout, les postiers ragissent. "

Par Cyrielle Blaire
Par Cyrielle Blaire
Publié le 13 mai 2014, modifié le 16 avril 2026
Gironde. Postiers en surcharge de courrier
Depuis décembre, de nombreux conflits sociaux ont éclaté dans les bureaux de poste girondins. Un climat tendu dû à la politique de non-remplacement des personnels absents. À bout, les postiers bordelais réclament le paiement de leurs heures supplémentaires et le renforcement des effectifs.
Le 2 décembre, la plateforme de préparation et de distribution du courrier de Mérignac s’est mise en grève durant quinze jours. Le 14 février, le bureau de Cardon-Blanc débrayait à son tour, suivi le 24 par celui de Saint-Médard. « On a accumulé 160 suppressions d’emploi à La Poste en Gironde en 2013. Forcément, ça crée un malaise », dit Aurore De Weber, secrétaire de la FAPT CGT 33. Le 17 mars, les bureaux de Bordeaux-Caudéran et Bordeaux-Docks déposent un préavis de grève illimité sur la base de revendications communes : les postiers demandent des embauches sur des postes non pourvus. La direction répond par des sanctions disciplinaires. « Dans les deux bureaux, il y avait des vacances d’emploi sans remplacement, explique Aurore De Weber. En décembre, le médecin de la prévention avait déclenché une alerte à cause de la surcharge de travail. » Guillaume Collin, secrétaire de la section CGT de Bordeaux-Docks, explique : « On arrive le matin, notre collègue a une bronchite et on doit se répartir sa tournée. » Dans le jargon des facteurs, cela s’appelle la « sécabilité ». Pour pallier les suppressions d’emploi, les tournées sont découpées de façon à répartir la charge de travail sur les facteurs restants. Une réorganisation du travail mise en place en 2007 avec le plan « facteur d’avenir ». « On en a ras-le-bol, peste Franck Chesneau, facteur à Caudéran. Dans notre bureau, nous sommes passés de quatre semaines de sécabilité par an à neuf semaines en 2014. Ça représente 30 à 40 minutes de travail en plus chaque jour qui ne sont pas payées ! On est obligé de bosser de plus en plus vite, les gens sont à bout. » Suite à la grève, trois agents ont été recrutés à Bordeaux-Docks et des CDD ont intégré l’équipe de Caudéran en attendant un recrutement.
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