Intérimaires : négociations en cours
Après un an de lutte de l’Union syndicale de l’intérim CGT, des négociations de branche s’ouvrent enfin. L’enjeu ? Protéger les intérimaires qui, chaque année, se blessent ou se tuent à la tâche.
Publié le 16 novembre 2016
40 000 blessés et 70 décès au travail l’année dernière, l’Union syndicale de l’Intérim CGT lance une grande campagne pour de nouveaux droits et pour arrêter l’hécatombe chez les intérimaires. Après un an de mobilisation des négociations s’ouvrent enfin dans la branche.
Un ouvrier allongé sur le bitume, un cimetière… C’est avec des affiches destinées à marquer les esprits que l’Union syndicale de l’intérim CGT a décidé d’une grande campagne pour la santé et la sécurité au travail des intérimaires.
Philippe Tixier, secrétaire général de l’USI CGT, égraine un constat dramatique : « Avec près de 70 tués et 40 000 blessés, les plus de deux millions de salariés intérimaires paient un lourd tribut. Les salariés intérimaires ont, sur un même poste de travail, deux fois plus de risques de subir un accident que les salariés embauchés, et avec un taux de gravité deux fois plus élevé lorsque l’accident survient. »
Lors de la récente conférence de presse qu’ils tenaient pour lancer la campagne intitulée « Urgent, intérimaires en danger », les syndicalistes ont notamment dénoncé le « sport national » de la sous-déclaration des accidents du travail.
Face au chantage permanent du non-renouvellement des missions, les intérimaires sont aussi victimes d’une double exploitation ; celle, d’une part, des entreprises d’intérim, et celle, d’autre part, des entreprises utilisatrices qui externalisent le risque d’accident du travail et de maladie professionnelle. Au-delà de cette externalisation, c’est aussi carrément l’invisibilité du risque et de sa traçabilité qui est organisée avec l’absence de suivi médical.
À cet égard, le syndicat revendique la création d’une médecine de travail de branche. « Il y a les accidents non déclarés, mais pour les maladies professionnelles c’est encore plus grave. L’exposition à l’amiante est quasiment impossible à faire reconnaître pour les intérimaires », explique André Fadda, de l’USI CGT. Le syndicat réclame des mesures telles que le doublement du taux de cotisation accident du travail et maladie professionnelle (AT-MP) pour les entreprises de travail temporaire et les entreprises utilisatrices.
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