Le malaise des enseignants en bande dessinée

Écrite par un enseignant de Seine-Saint-Denis, une BD rappelle le malaise que traversent les enseignants et l’Éducation nationale. Pour tous ceux qui, en cette rentrée, n’en auraient toujours pas pris conscience.

Par Rédaction NVO
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Publié le 6 septembre 2020, modifié le 16 avril 2026
NVO, la Nouvelle vie ouvriere, le journal de l’actualité sociale, syndicale et juridique
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Écrite par un enseignant de Seine-Saint-Denis, une BD rappelle le malaise que traversent les enseignants et l’Éducation nationale. Pour tous ceux qui, en cette rentrée, n’en auraient toujours pas pris conscience.
Il y a tout juste un an, le 21 septembre 2019, Christine Renon, directrice d’une école maternelle à Pantin, en Seine-Saint-Denis, se suicidait. À 58 ans. Laissant derrière elle une lettre dans laquelle elle se disait « épuisée » par son métier. Cas isolé de burn-out en milieu scolaire ? Pas vraiment, répond Remedium, enseignant dans ce même département et auteur de bandes dessinées. Qui, à travers le parcours de 14 profs, instituteurs ou institutrices, vacataires ou directeurs et directrices exerçant dans différents établissements du territoire, rapporte avec sobriété et sans fioritures leurs difficultés dans l’exercice de leur travail, de leur mission.

Les coups viennent de partout

Des « histoires ordinaires » dans lesquelles les coups sont permanents et viennent de partout. De l’institution. Au premier rang de laquelle le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, invité surprise dans cette bédé mais dont l’implication dans la « mise à sac de l’école » depuis des années en fait l’un des principaux responsables du triste état dans lequel se trouve le système éducatif en France, et avec lui ses personnels. Des autorités de tutelle, dont la lâcheté, le cynisme, voire une tendance à l’omerta très prononcée – surtout pas de vagues – montrent qu’il n’y a pas grand chose à en attendre si ce n’est les abandonner à leur sort.
Des collègues indélicats aussi, pour qui, entre jalousie, incompétence, manipulation, racisme ou dénonciation calomnieuse… tout semble bon pour parvenir à leurs fins. Mais également des parents toujours prêts à monter au créneau, y compris judiciaire, pour défendre leurs chers petits. Accusant à tort les enseignants d’exercer des « violences sur mineur », du « harcèlement » ou autres. Tout cela sans se soucier des conséquences sur les accusés. De quoi conduire nombre d’entre eux à la déprime, souvent longue, en pousser d’autres à quitter l’enseignement, quand ce n’est pas, pour les plus abimés, à se suicider. Un passage à l’acte commis par 58 d’entre eux entre 2018 et 2019 si l’on en croit les chiffres du ministère.
Cas d’écoleHistoires d’enseignants ordinaires, de Remedium, éd. Équateurs, 100 pages, 15 euros.
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