1 400 suppressions d’emplois sont annoncées dans le groupe franco-italien spécialiste des puces et circuits électroniques complexes. En ne réagissant pas, les États démontrent leur absence de stratégie industrielle en Europe.
C’est un véritable non-sens industriel que l’annonce qui vient d’être faite de supprimer 1 400 postes dans le monde du groupe STMicro. Alors que le gouvernement ne cesse de proclamer l’avenir numérique de notre industrie, le groupe STMicro, dont les États français et italiens sont actionnaires à hauteur de 13,77 % chacun, abandonne une activité de pointe : le développement des décodeurs numériques.
En termes d’impact immédiat sur l’emploi, c’est la suppression de 430 postes en France, essentiellement sur les sites de Crolles et Grenoble, en Isère, ainsi qu’à Paris. Mais c’est à plus long terme que va se révéler toute la portée de cette décision. « Il y a, dans le monde, une centaine d’usines de circuits électroniques de pointe. Seulement trois d’entre-elles sont en Europe et en plus elles sont menacées, explique Marc Leroux de la CGT Microelectronics. La casse des activités de STMicro va mettre en péril l’indépendance technologique européenne et la capacité de développer des circuits complexes, avec des conséquences dans de multiples domaines tels que la Défense… »