Respect de la sphère privée
Ce qui est désormais fait, depuis le 5 novembre dernier. Lorsque le parlement portugais décidait de remanier le code du travail local pour y intégrer de nouvelles mesures sur le télétravail, mesures jusque là « très résiduelles ». Du coup, fini de recevoir des appels en dehors des heures de travail pour les télétravailleurs. L’entreprise doit dorénavant respecter le temps de repos de ses employés. Et ce n’est pas tout. «Les dépenses supplémentaires liées à ce télétravail, acquisition de matériel, coûts énergétiques ou de réseau, entretien de l’équipement, doivent être entièrement compensées par l’employeur qui les intègre dans ses coûts pour ses déclarations fiscales. Ce n’est pas un revenu pour le travailleur », précise Sérgio.
Alternance en présentiel et au bureau
Autre nouvelle règle, qui ne concerne là que les entreprises de plus de 10 personnes : « la possibilité désormais donnée à ceux ayant des enfants de moins de 8 ans ou qui sont des aidants proches de recourir au télétravail pour une période de 4 ans d’affilée, même si, dans de ce cas, l’entreprise peut refuser la demande en invoquant des exigences de production. » Tout cela sans oublier l’aménagement « de régimes hybrides d’alternance entre télétravail et travail en présentiel ».
Préserver le collectif de travail
Reste que, si les employeurs sont menacés de « sanctions administratives », et financières, en fonction de la gravité de leurs éventuelles infractions à ces nouvelles règles, les salariés ont eux aussi des devoirs. « Le travailleur devra maintenant se rendre dans l’entreprise ou tout autre lieu indiqué par celle-ci pour des réunions, des formations ou autres événements nécessitant sa présence physique s’il y est convoqué dans un délai minimum de 24 heures à l’avance », ajoute Sérgio Monte. De même qu’il lui est demandé de se rendre « avec une certaine périodicité, on parle de tous les 2 mois, sur place afin de rester en contact “non virtuel” avec ses collègues. »
On est là bien loin du droit la déconnexion entré en vigueur en France le 1er janvier 2017, et pas toujours vraiment respecté, ou des propos d’Élisabeth Borne, la ministre du Travail, annonçant, le 3 novembre, qu’un retour du télétravail « n’était pas d’actualité ». Ce alors qu’une cinquième vague de contaminations à la Covid-19 semble, elle, pour le coup « d’actualité ».