Les éleveurs à la recherche du juste prix
Près de 10 % des élevages français sont en grande difficulté financière. Les agriculteurs, notamment les agriculteurs normands, ont récemment lancé des actions pour pointer du doigt la grande distribution. Entre la baisse du tarif à l’achat et la hausse du tarif à la revente, où va vraiment l’argent des marges sur les prix de la viande ?
Publié le 22 juillet 2015
Près de 10 % des élevages français sont en grande difficulté financière. Les agriculteurs, notamment les agriculteurs normands, ont récemment lancé des actions pour pointer du doigt la grande distribution. Entre la baisse du tarif à l’achat et la hausse du tarif à la revente, où va vraiment l’argent des marges sur les prix de la viande ?
Le gouvernement a annoncé, mercredi 29 juillet, une liste de 24 mesures censées venir en aide aux éleveurs français, alors qu’ont lieu depuis le week-end dernier des manifestations de grande ampleur.
Dans l’urgence, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, prévoit une restructuration de leur dette auprès des banques, un fonds de garantie de 500 millions d’euros via la Banque publique d’investissement (BPI), un report du paiement des cotisations à la Sécurité sociale et de l’impôt ou encore une facilitation de la procédure d’accès au remboursement accéléré de la TVA.
Il envisage aussi certaines mesures de plus long terme. Donner un peu d’air aux paysans semble indispensable, mais le fond du problème demeure posé : quid du juste paiement de leur travail et de leur production par les grands distributeurs ? La remise en route de la filière passe-t-elle par des reports de cotisations sociales et fiscales, ou par des mesures pérennes permettant à chacun de vivre décemment, par la garantie de prix de vente rémunérant justement les productions ?
Car le prix du marché de la viande ou du lait est inférieur à leur coût de production. Un accord avait pourtant été atteint mi-juin entre les exploitants et la grande distribution pour faire augmenter progressivement les prix de la viande de 5 centimes par semaine jusqu’à atteindre un tarif qui leur permette de rémunérer leur travail. Un mois plus tard, les prix à l’achat sont certes à la hausse, mais l’augmentation est loin d’atteindre les niveaux prévus par l’accord. De son côté, le consommateur voit le prix de son steak augmenter lors de son passage à la caisse.
Résultat, les éleveurs vendent toujours à perte et près de 10 % des exploitations sont « au bord du dépôt de bilan », concédait, ce week-end, Stéphane Le Foll. Pour Alain Gaignerot, directeur du Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef), ce chiffre pourrait même atteindre 45 000 exploitations, soit 20 % des éleveurs d’ici la fin de l’année si rien ne change. Dans ce contexte, selon l’Institut de veille sanitaire, un agriculteur se suicide, en France, tous les deux jours.
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