«Mon métier c’est les soins à apporter aux malades
mais c’est aussi de remonter le moral des patients.
De faire que le temps qu’ils passent à l’hôpital soit le plus normal possible.»
Dans son service, elles sont trois à s’occuper de 25 lits, soit une infirmière pour 8 ou 9 patients. Alors, la réalité les rattrape souvent et toutes courent après le temps. Il faut faire les perfusions, donner les médicaments pour contrer les effets secondaires de la chimio. Récemment, Audrey a dû amortir la chute d’une vieille dame qui avait perdu l’équilibre, «60 kilos de poids mort sur le dos». Résultat? Une lombalgie sciatique, six semaines d’arrêt maladie… et un mal de dos qui se réveille parfois. Audrey ne s’appesantit pas sur son cas, ramène vite au collectif: «Dans le métier, il y a beaucoup de maladies-musculo-squelettiques», constate simplement celle qui est récemment devenue membre du CHSCT après avoir rejoint «naturellement» la CGT. Dans quelques jours, Audrey assistera à son tout premier CHSCT. Elle peste contre la loi Macron qui rêvent de leur suppression, dézingue la loi Touraine qui entérine la rationalisation de l’hôpital, et se mobilisera le 21 mai contre le projet de réforme des 35 heures. Et puis soudain s’illumine en repensant à une lutte victorieuse : «En 2014, on a réussi à obtenir que les remplacements de congé annuel (RCA) soient recrutés (1). Il a fallu batailler dur avec la direction, bloquer les rues d’Ivry et menacer de grève pour que des négociations aient lieu et débouchent sur l’embauche de 12 RCA pour l’été.» Un premier succès de syndicaliste qui en appelle d’autres. (1) Les RCA sont des jobs d’été, souvent effectués par des étudiants, qui permettent de renforcer les équipes d’aides-soignants durant leurs congés.