Les Uber Eats amorcent le mouvement

Quelque 200 livreurs de restauration rapide travaillant pour Uber Eats se sont mis en grève à la ­mi-­décembre à Saint-Étienne, dans la Loire, pour obtenir des améliorations de leurs ­conditions de travail ainsi qu’une augmentation de leur rémunération.

Par Régis Frutier
Par Régis Frutier
Publié le 19 janvier 2021
NVO - La Nouvelle Vie Ouvrière, le magazine des militants de la CGT
Des livreurs UBER EATS à Bordeaux.. Gregory Chamekh /AFP
Quelque 200 livreurs de restauration rapide travaillant pour Uber Eats se sont mis en grève à la ­mi-­décembre à Saint-Étienne, dans la Loire, pour obtenir des améliorations de leurs ­conditions de travail ainsi qu’une augmentation de leur rémunération.
La plateforme de livraison de repas s’est engagée à respecter un minimum de 10 euros par heure, entre 11 h 30 et 13 h 30, et de 12 euros entre 19 h 00 et 20 h 00. S’ajoute à cela une prime d’un euro par livraison en cas d’intempérie. Si les résultats du mouvement peuvent sembler modestes, ils ont pourtant été salués comme un premier succès par les intéressés soumis à une précarité extrême et une dynamique a été enclenchée dans plusieurs autres villes où de tels mouvements se propagent depuis le 30 octobre, date à laquelle la CGT avait lancé un appel national. Ludovic Rioux, secrétaire général du syndicat CGT Uber Eats/Deliveroo de Lyon analyse le processus en cours : « On ne peut pas dire que ce qui a été gagné à Saint-Étienne est une grande victoire car, juste après, la direction a déclaré qu’il ne s’agissait que de dispositions temporaires. Pour autant, démonstration a été faite qu’on pouvait les faire reculer. À Lyon, nous avons des débrayages quasiment toutes les semaines. Après la journée d’action du 30 octobre, très suivie à ­Bordeaux et à Toulouse, d’autres ont eu lieu, notamment à Lyon. Nous avons également recensé des actions là où la CGT n’est pas présente : Brest, Strasbourg, Toulouse etc. Les mobilisations se mettent en place parce que les conditions de travail et de rémunération ne cessent de se dégrader. En parallèle, le ­gouvernement veut avancer, mais sans écouter ni les livreurs ni la CGT. » https://nvo.fr/lyon-les-livreurs-duber-et-deliveroo-en-colere/ En effet, la ministre du Travail a annoncé que des ordonnances sur la protection sociale et la représentation des travailleurs des plateformes seront publiées en avril 2021. « C’est également pour pousser le gouvernement à prendre ses responsabilités sur le ­statut, le respect des droits inscrits dans le Code du travail et la convention collective des transports qu’on construit ce rapport de force. Et nous réclamons des négociations sur le sujet ! », indique le syndicaliste. Dans la continuité de l’action nationale du 30 octobre 2020, de nouvelles ­mobilisations sont déjà prévues d’ici la promulgation des ordonnances.
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