Le régime de l’AKP ne désarme pas face aux journalistes turcs ou kurdes qui osent critiquer Erdogan et son système. En dépit de l’échec électoral du pouvoir lors des dernières élections législatives du 7 juin, rien n’arrête les menaces contre le droit à l’information.
Le régime de l’AKP (parti islamo-conservateur) ne désarme pas face aux journalistes turcs ou kurdes qui osent critiquer le chef de l’État Recep Tayyip Erdogan et son système. En dépit de l’échec électoral du pouvoir lors dernières élections législatives du 7 juin et la montée d’un parti d’opposition (HDP, pro-kurde), rien n’arrête les menaces contre le droit à l’information, la répression contre la liberté d’expression, ni les entraves contre le libre exercice de la profession de journaliste.
Ainsi, le 12 juin, les journalistes du site d’opposition Odatv étaient-ils convoqués au palais de justice d’Istanbul pour une nouvelle audience de leur interminable procès. Le SNJ-CGT, aux côtés du syndicat turc des journalistes (TGS), représentait en qualité d’observateur la Fédération européenne des journalistes (FEJ, 300000 adhérents).
Les journalistes de ce site étaient accusés dès l’origine du procès de posséder des «documents secrets», d’avoir porté atteinte à la sécurité de l’État, mais aussi d’être en lien avec une organisation terroriste (le PKK, ndlr). Nombre d’entre eux ont été emprisonnés. Mais, grâce à la solidarité internationale, ils ont pu être libérés. Deux de ces journalistes (DoganYurdakul et SonerYalçin) avaient été parrainés par le SNJ-CGT et par le quotidien l’Humanité. La CGT et l’espace international avaient apporté leur concours à cette libération dont la NVO avait rendu compte.
Le tribunal a décidé de renvoyer sa décision au 18 novembre prochain et a désigné un collège d’experts de l’université d’Istanbul pour déterminer l’origine des documents classés secrets d’État qui ont été introduits dans le disque dur du site. Une opération qui, pour bon nombre, est l’œuvre de mains expertes liées aux services spéciaux. Les défenseurs des journalistes rattachent cette décision prudente du tribunal à la situation politique dans le pays, où les tractations pour la formation d’un nouveau gouvernement vont bon train. L’AKP a en effet subi un échec en n’obtenant pas la majorité absolue qui aurait rendu possible une modification de la Constitution au profit du pouvoir personnel d’Erdogan. La surprise est venue de la progression sensible du parti pro-kurde HDP, qui rassemble une large opposition (jeunes, minorités, intellectuels, syndicalistes, militants associatifs, notamment ceux qui ont participé à la lutte du Parc Geysi). Le HDP a obtenu 13,1% des voix et 80 députés.
Liberté d’expression sous tension
En dépit de son échec aux législatives, le régime de l’AKP ne désarme pas face aux journalistes turcs ou kurdes qui osent critiquer Erdogan et son système. Rien n’arrête les menaces contre le droit à l’information.
Publié le 7 juillet 2015
Dossier
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