UNHAPPY MEAL
https://vimeo.com/125198987DES DROITS SOCIAUX QUI VARIENT
Tous les restaurants McDonald’s répondent aux mêmes chartes (graphique, diversité, hygiène, etc.), les sandwiches sont identiques ainsi que les uniformes des employés, lesquels suivent les mêmes formations. Un seul hic dans cette belle organisation : il n’y a pas de charte sociale. Or, 80 % des employeurs sont des franchisés, qui sont peu favorables à négocier avec leurs salariés des avancées sociales (13e mois, mutuelle avantageuse, primes, bonnes conditions de travail, journées enfants malades, grilles de salaires…). Cela donne des situations très disparates entre les restaurants. Les établissements qui appartiennent à McDonald’s France bénéficient quant à eux d’une charte sociale telle que la réclament les militants du collectif CGT de la restauration rapide. Le leitmotiv des franchisés, « rentabilité et répression syndicale », a donné des idées à KFC France. Depuis plusieurs années cette autre multinationale de la restauration rapide passe petit à petit sous franchise tous les restaurants où sont affectés les élus du personnel pour se débarrasser des institutions représentatives du personnel. Ce que dénonce la CGT KFC, qui demande que soit mis fin à ces pratiques.
«OPTIMISATION» FISCALE VERSUS SALAIRES DE MISÈRE
L’information, fin février, selon laquelle McDonald’s avait fait évader au Luxembourg, sur une période de cinq ans, 3,7 milliards d’euros pour échapper au fisc a mis le feu aux poudres chez les syndicalistes de l’enseigne (cf. l’enquête sur la fraude fiscale dans la NVO de mars 2015). « L’argent est ponctionné sur les chiffres d’affaires des restaurants de la multinationale qui se retrouvent tous déficitaires, ne paient pas d’impôt sur les sociétés et ne versent pas de participation aux salariés », explique Gilles Bombard, secrétaire général de la CGT McDonald’s Paris-Île-de-France, qui ajoute: « Une plainte a été déposée par le comité d’entreprise de McDonald’s pour blanchiment de fraude fiscale et une enquête préliminaire est en cours. » Bref, pendant que l’argent se volatilise au Grand-Duché, les temps partiels sont imposés et les salaires désespérément bas. « Qui peut vivre avec 770 € net par mois pour 24 heures de travail hebdomadaires ? » interroge Gilles Bombard.
LES SALARIÉS S’ORGANISENT
« Cela fait de longs mois qu’on essaie de s’organiser entre nous, salariés de la restauration rapide, pour contester les abus, continue Gilles Bombard. On se découvre sur les réseaux sociaux et on apprend à se connaître ». Les pages Facebook s’intitulent Les indignés de McDonald’s pour Paris, droits Mcdo rapide à Marseille, Vos droits chez McDo du côté de Rouen. Marseille, Rouen, Bordeaux, Lyon, dans la Marne… Pour ces syndicalistes, l’objectif est « d’arriver à organiser ensemble un mouvement solide et structuré à la fois pour faire pression sur les employeurs et faire comprendre au grand public ce qui se passe dans la restauration rapide ». Les revendications portent sur l’égalité des droits et des acquis sociaux entre salariés d’une même enseigne, des salaires décents, l’obligation de l’unité économique et sociale pour tous les restaurants d’une même franchise et le respect du droit syndical et de la liberté d’expression. Au niveau mondial, l’action se poursuit, avec, en juillet prochain, une conférence mondiale de la restauration rapide qui réunira les syndicalistes du secteur à Detroit aux États-Unis.