À l’appel de trois organisations, dont la CGT, les collaborateurs parlementaires ont manifesté le 7 février. Ils exigent la reconnaissance de leur profession, un vrai statut, la compensation de la précarité de leur métier.
« Nous ne sommes pas des Pénélope »
À l'appel de trois organisations, dont la CGT, les collaborateurs parlementaires ont manifesté le 7 février. Ils exigent la reconnaissance de leur profession, un vrai statut, la compensation de la précarité de leur métier.
Publié le 13 février 2017
À l’avant-veille de la publication par le Canard du montant des indemnités de licenciement de Penelope Fillon et au lendemain de la conférence de presse du candidat de la droite, une centaine de collaborateurs de parlementaires du Sénat et de l’Assemblée ont manifesté devant le Palais du Luxembourg le 7 février à l’appel de deux syndicats (CGT et Unsa) et d’une association (AGAP).
https://player.vimeo.com/video/202965819
S’ils proclament haut et fort ne pas être des Penelope, c’est moins pour se distinguer des pratiques népotiques que pour réitérer leurs exigences de salariés. Car si le terme « fictif » colle injustement à leur métier comme un chewing-gum à la semelle, leur profession est bien réelle, leur travail bien tangible et quantifiable. Mais ils souffrent, disent-ils, d’une « insuffisante définition statutaire » et d’une « forte précarité ». C’est qu’en effet chaque renouvellement électoral entraîne un plan social silencieux.
Pour cette année 2017, entre les législatives et le renouvellement de la moitié des sénateurs, quelques 1300 personnes pourraient perdre leur emploi. Actuellement, les deux administrations qui gèrent ces salariés pour le Sénat et l’Assemblée préconisent que les parlementaires qui ne se sont pas représentés, ou qui ont perdu leur siège, procèdent à leur licenciement pour « motif personnel » à la fin du mandat.
Or, juridiquement, cette procédure signifie que le licenciement repose sur la personne du salarié, elle est inhérente à celui-ci ; en général, il s’agit de faute, d’insuffisance professionnelle, de mauvais comportement, de discipline, d’incapacité. « Si nous acceptons la précarité de nos contrats qui sont remis en jeu à chaque élection, en revanche, nous n’acceptons pas d’être jugés “responsables” de notre licenciement », explique Camille Naget, collaboratrice d’un sénateur et trésorière du syndicat CGT. Car, en l’occurrence, la fin du mandat s’apparente bien à l’impossibilité pour l’employeur de prolonger la relation de travail. Le licenciement résulte de la suppression de l’emploi.
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