Paris veut « rester mobilisé »
À Paris, ils sont 450 à se retrouver dès la fin de matinée avenue Duquesne dans le 7e arrondissement non loin du ministère du Travail. Au menu bien sûr, la Défense des pensions mais aussi les questions liées à la santé. Au passage, les retraités présents disent aussi leur attachement profond au service public. Et les difficultés de militer. « Le travail a tellement changé que la mobilisation des jeunes est plus difficile qu’auparavant. Il faut rester mobilisés », nous glisse syndiqué retraité des organismes sociaux. La veille, dans nos colonnes, Cathy Cau, secrétaire fédérale de l’UCR avait placé la journée sous le signe du combat : « Dans cette situation, ou bien on laisse nos camarades retraités tomber dans ce fatalisme qui favorise le repli sur soi, la résignation. Ou alors, effectivement, on relève la tête et on n’accepte pas. On se mobilise et on va à l’action. Parce que nous sommes convaincus que c’est le mouvement social qui pourra tout faire basculer ».Détermination et sourire à Marseille
Direction le sud. Sur les emblématiques 104 marches qui mènent à la gare de Marseille Saint-Charles, les militants sont de plus en plus nombreux alors qu’approche l’heure du départ du cortège. Var, Provence, Vaucluse, Alpes maritimes… et Bouches-du-Rhône évidemment : les syndicalistes venus de tous les environs se retrouvent joyeusement et forment rapidement une marée rouge de chasubles et drapeaux sous un soleil radieux.
« Je milite depuis l’âge de 14 ans, et 18 ans à la CGT ! » sourit Jocelyne, « j’ai fait l’école d’infirmière psy, je me suis syndiquée en arrivant à l’hôpital. Mais mon plus beau souvenir, c’est la bagarre contre la réforme des retraites en 2023, surtout ici à Marseille, c’était quelque chose. J’étais à l’Union départementale, je me suis régalée. »
La musique commence à résonner en tête de cortège et les plusieurs centaines de militants s’élancent sur le boulevard d’Athènes, pour suivre un parcours qui les mènera vers le sud, jusqu’à la préfecture. « Quand on est retraitée, on a toujours des revendications » affirme Maryse, ancienne agente de France Télécom, « moi j’ai travaillé 38 ans, je pense que [mon employeur] me doit des choses. Il doit prendre en compte ma sécurité sociale et ma mutuelle. »
Les syndicalistes arrivent dans une ambiance festive sur la place de la Préfecture, sous les accords de Jump de Van Halen – grand classique du stade Vélodrome où il accompagne l’entrée des joueurs sur la pelouse – guidés par un fumigène s’élevant dans le ciel phocéen. Maryse regarde, rêveuse, ses camarades exprimer leur bonne humeur. « Je me souviens de la lutte pour maintenir le chantier naval de la Ciotat, qui a duré cinq ans, le combat pour les mineurs de Gardanne [en Provence, ndlr] (…) Et puis la lutte qu’on a mené contre la privatisation de France Télécom. On n’a pas gagné, mais les salariés d’alors, nous avons obtenu de conserver notre statut de fonctionnaire. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui j’ai une retraite de fonctionnaire et pas de salarié du privé. C’est la lutte qui m’a permis d’avoir cet avantage. »