Pour changer de modèle d’agriculture
Nourrir 9 milliards de personnes à horizon 2050, sans sacrifier la qualité des produits alimentaires ni les conditions de travail des salariés de la filière. Un défi pour le secteur agro-alimentaire.
Publié le 10 mars 2018
Avant, pendant ou après le Salon de l’Agriculture, le modèle agricole est en crise. Agriculteurs et salariés agricoles en souffrance, consommateurs inquiets des crises alimentaires… Repenser autrement la production agricole mais aussi lutter contre la course au profit de l’agroalimentaire… La Confédération paysanne ou la FNAF-CGT ouvrent une voie, loin des sillons de la puissance FNSEA.
Il fallait oser le faire. Il l’a fait et ce n’est pas passé inaperçu ! En visite au Salon de l’Agriculture la semaine passée, Emmanuel Macron a tenté de justifier la réforme du statut des cheminots en s’appuyant sur les difficultés que rencontre le monde agricole.
Inepte pour Laurent Pinatel, porte-parole national de la Confédération paysanne. « S’il y a un statut qui n’est pas acceptable, explique le militant, c’est le notre. Il ne faut surtout pas aligner les autres sur nous. C’est nous qu’il faut remonter au niveau des autres. »
La Confédération paysanne a donc profité du Salon international de l’agriculture, à Paris, pour appeler le gouvernement et l’Union européenne à reformer la PAC, la Politique agricole commune européenne. À l’heure actuelle, les subventions européennes sont versées en fonction du nombre d’hectares cultivés. Une véritable « prime à la taille » que dénonce le syndicat pour qui agriculture de qualité rime avec petites exploitations. Pour éviter le développement du modèle productiviste, comme dans « la ferme usine des mille vaches », Laurent Pinatel réclame que soient « accentuées les primes de la PAC sur les premiers hectares. »
Car c’est tout un modèle d’agriculture qui découle de ce système. Cette prime à la taille favorise les grosses exploitations agricoles tournées vers le profit, et non vers une agriculture de qualité. « Il y a des fortunes monstrueuses qui se sont faites dans l’agroalimentaire sur le dos des paysans — en abaissant le prix des matières agricoles — sur le dos des consommateurs, parce qu’en parallèle, au bout de la chaîne, on a augmenté (les prix), explique Laurent Pinatel, et la troisième variable d’ajustement, c’est le salarié de l’entreprise ».
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