Rassemblement à Paris pour réclamer le maintien du processus de décolonisation
Après cinq jours d’émeutes et cinq morts en Nouvelle-Calédonie, environ 300 personnes s’étaient rassemblées, le 16 mai place de République, à Paris, à l’appel du FLNKS, de l’USTKE, de l’Union calédonienne, de Solidarité Kanaky, pour réclamer l’arrêt des violences et le maintien du processus de décolonisation entravé par le vote qui élargit le corps électoral au scrutin provincial.
Publié le 17 mai 2024
Après cinq jours d’émeutes et cinq morts en Nouvelle-Calédonie, environ 300 personnes s’étaient rassemblées, jeudi 16 mai 2024, place de République, à Paris, à l’appel du FLNKS, de l’USTKE, de l’Union calédonienne, de Solidarité Kanaky, pour réclamer le maintien du processus de décolonisation entravé par le vote qui élargit le corps électoral au scrutin provincial.
Quelques drapeaux CGT, UNSA, UNEF, Solidaires, LO, Ensemble, des jeunes, des militants. Après cinq jours d’extrêmes violences qui ont fait 5 morts et embrasé La Nouvelle-Calédonie, environ 300 personnes s’étaient rassemblées, hier soir, place de République, à Paris, à l’appel du FLNKS, de l’USTKE, de l’Union calédonienne, de Solidarité Kanaky.
Quand on parle de démocratie, on parle de vote, mais quand le gouvernement français rend minoritaire le peuple Kanak chez lui, comment voulez-vous qu’il y ait démocratie ?
« Qui est responsable de ce qui se passe aujourd’hui au pays ? C’est le ministre de l’intérieur et de l’outre-mer Gérald Darmanin dont je suis surpris qu’il s’occupe de ce dossier, lance Michel Lolo, président et fondateur de l’association Les enfants et amis de la Kanaky (EA Kanaky), membre de la cellule de coordination et de Solidarité pour Kanaky (CCSK) et membre de la Solidarité Kanaky, qui organise le rassemblement. Le message était clair déjà le 1er mai sur cette même place de la République, nous revendiquions, avec toute la famille venue du pays, le nom au dégel du corps électoral. Et on continue de revendiquer puisque ce n’est pas fini ! Le Sénat a adopté la loi, l’Assemblée nationale a adopté la loi mais il reste encore le congrès de Versailles. Emmanuel Macron peut décider de le reporter. On réclame l’arrêt des violences et le retour à la paix par d’autres moyens que l’envoi de forces de l’ordre. » Et de continuer : « quand on parle de démocratie, on parle de vote, mais quand le gouvernement français rend minoritaire le peuple Kanak chez lui, comment voulez-vous qu’il y ait démocratie ?!» Et de s’appuyer, ému, sur la poignée de main historique entre les leaders calédoniens Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, « deux grands hommes de chez nous » qui scellait, le 26 juin 1988, les Accords de Matignon et la fin des affrontements entre indépendantistes et non-indépendantistes en Nouvelle-Calédonie. « Ça a donné naissance à 36 ans de paix jusqu’à aujourd’hui et que fait le gouvernement Marcon ? Il remet en cause tout ça et vous croyez que nous, peuple kanak, on va laisser faire encore une fois ? Non. Nous allons faire le travail et continuer à expliquer qui nous sommes et ce qui se passe aujourd’hui avec ce vote. »
On veut vivre avec toutes les communautés, il n’a jamais été question de faire partir de l’île qui que ce soit une fois qu’on aurait l’indépendance.
Viviane (le prénom a été changé), 39 ans, étudiante en reconversion, assiste, le regard vide, aux différentes prises de parole enveloppée dans un grand drapeau calédonien (trois bandes horizontales : bleue, rouge et verte avec un rond jaune marqué d’une flèche faîtière). « Je suis loin de ma famille, je me sens inutile en étant ici, j’ai l’impression que je ne peux rien faire pour mon pays qui a les mains liées. On sait bien qu’il y a une stratégie derrière tout ce qui se passe au pays. Pour moi c’est une injustice, c’est une reproduction de ce qui s’est déjà passé en 84. C’est le même schéma. Nous, on est plus jeune mais on a bien compris notre histoire, et c’est en train de se reproduire. On a le sentiment qu’on ne nous respecte pas. On veut vivre avec toutes les communautés, il n’a jamais été question de faire partir de l’île qui que ce soit une fois qu’on aurait l’indépendance. Le problème c’est que je vois passer plein de messages complètement faux sur nous, la désinformation complique aujourd’hui notre combat. On a l’impression de passer pour des animaux, pour des terroristes. »
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