Pour un savoir plus : la VO Impôts !Prélèvement à la source : les réponses à toutes vos questions sont dans la VO Impôts 2019. Disponible dans les kiosques et dès maintenant sur la boutique NVO.Réformer l’impôt pour le réhabiliter
Les Gilets Jaunes ont mis au cœur de leurs revendications la fiscalité, à partir du coût des carburants. Cela interroge plus largement la fiscalité et la répartition inégale des prélèvements.
Publié le 30 janvier 2019, modifié le 16 avril 2026
Le mouvement des gilets jaunes a mis au jour l’injustice du système fiscal français. Le motif initial de la taxation des carburants a ainsi permis de reposer la question d’une fiscalité écologique mal pensée et socialement injuste. Et interroge plus
largement sur la répartition inégale des prélèvements.
«On est arrivés au bout d’un système intenable, incompris, illisible et injuste. Tous les ingrédients d’une fronde antifiscale sont réunis du fait des évolutions de notre fiscalité depuis trente-cinq ans », s’alarme Alexandre Derigny, secrétaire général de la Fédération des finances CGT. De fait, notre système fiscal est injuste car il est presque exclusivement proportionnel aux revenus (cotisations sociales et CSG) ou à la dépense (TVA et taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, notamment), ainsi que l’analyse l’Observatoire des inégalités.
« Les impôts sur la consommation représentent près d’un cinquième des recettes, soit trois fois plus que celui sur le revenu, détaille Alexandre Derigny. […] Or, plus le niveau de vie augmente, plus la part de la consommation diminue dans le revenu au profit de l’épargne. En conséquence, ce type d’impôts rapportés au revenu représente une part proportionnellement plus faible pour les plus aisés. […] Les taxes ciblées sur certains produits, comme les carburants, pénalisent ceux qui les consomment sans tenir compte de leur niveau de revenu. »
L’impôt progressif ne représente donc qu’une très faible part de l’ensemble des impôts. Or, c’est pourtant sur cette progressivité de l’impôt que se fonde notamment la République depuis 1789. Le souci de justice et d’efficacité devrait donc conduire à taxer à un taux moins élevé ceux dont les revenus sont les plus faibles.
https://vimeo.com/314052994
Pour un savoir plus : la VO Impôts !Prélèvement à la source : les réponses à toutes vos questions sont dans la VO Impôts 2019. Disponible dans les kiosques et dès maintenant sur la boutique NVO.Selon la Cour des comptes, ces niches fiscales et les mesures d’optimisation coûtent quelque 150 milliards d’euros par an à l’État, rappelle. Sans que jamais il ait été apporté la preuve d’une quelconque utilité de ces niches pour la collectivité en termes d’incitation économique, d’utilité sociale ou environnementale.Alexandre Derigny, secrétaire général de la Fédération des finances CGT
Un grand tri sélectif est donc à entreprendre dans cette kyrielle de niches inutiles mais coûteuses. D’autant que ces 150 milliards d’euros de manque à gagner sont à mettre en rapport avec les 83 milliards d’euros de déficit du budget de l’État français en 2018. La CGT propose de taxer plus fortement les revenus du capital que ceux du travail, et plaide pour la mise en place d’une taxe sur les transactions financières.
Elle milite également pour une fiscalité incitative, « mais, précise Alexandre Derigny, il faut tourner le dos à la logique des crédits d’impôt, comme le CICE, versés sans contrôle et sans effets sur l’emploi, l’environnement ou les salaires. Il faudrait au contraire faire varier l’impôt sur les sociétés pour favoriser les comportements responsables et vertueux et, à l’inverse, pénaliser les stratégies de financiarisation. Si on prenait ces chemins, on commencerait à réhabiliter la fiscalité aux yeux des citoyens, car sans le consentement à l’impôt, il n’y a pas de système fiscal soutenable ». De quoi alors nous « faire aimer l’impôt », comme le souligne un tract de la CGT finances.
Article 13 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyenIl pose les bases du consentement à l’impôt. En termes choisis, les révolutionnaires estimaient que chaque citoyen devait contribuer à hauteur de ses « facultés ».
« Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. »
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