Renault-Flins reprend, dans l’insécurité…
Alors que le site de fabrication de la Zoé de Renault, dans les Yvelines, rouvre, partiellement, ses portes, les salariés craignent que les conditions de leur sécurité ne soient pas garanties. Non sans raisons.
Publié le 27 avril 2020
Alors que le site de fabrication de la Zoé de Renault, dans les Yvelines, rouvre, partiellement, ses portes, les salariés craignent que les conditions de leur sécurité ne soient pas garanties. Non sans raison.
La direction de Renault l’avait promis, juré : la réouverture des usines se ferait de « manière extrêmement progressive » ce, afin de respecter « le protocole sanitaire » élaboré pour garantir la sécurité des travailleurs face à l’épidémie de Covid-19. Las, « avant même que ça redémarre, les problèmes ont commencé », ironise Ali Kaya secrétaire général CGT sur le site du constructeur automobile de Flins, dans les Yvelines, qui rouvrait officiellement ses portes mardi 28 avril pour quelque 3 à 400 personnes, 10 % de l’effectif total.
« Ils nous disaient la main sur le cœur qu’ils allaient doubler le nombre de bus [de ramassage, NDLR], que les gens auront des masques, qu’il n’y aura qu’une personne sur deux par siège et ce matin, certains travailleurs se sont retrouvés assis les uns à côté des autres, sans masque ! Et ce n’est que le premier jour. À partir de demain, il y aura plus de monde », s’inquiète le délégué.
D’autant que, après la question de la sécurité dans leurs transports, celle des ateliers semble tout aussi aléatoire. « Il y a bien un autre système d’ouverture des portes, une prise de température, la distribution d’un kit avec des masques et du gel à l’entrée », reconnaît Ali. « Mais pour ce qui est du respect des mesures de distanciation de 1 m dans l’usine, ça, ce n’est possible que sur les papiers de la direction. Dans la vraie vie, c’est impossible. »
Difficile à faire appliquer en effet quand, chaines de montage obligent, les différents éléments qui constituent une voiture, possibles vecteurs de la maladie, passent entre des dizaines, des centaines de mains et que l’on se retrouve à plusieurs au même moment sur un même véhicule, comme lorsque les têtes de 3 ou 4 personnes se frôlent parfois à l’intérieur de l’habitacle. Sans oublier les allers et retours, les déplacements à l’intérieur de l’usine.
Dossier
Luttes sociales et mobilisations en France : enjeux et perspectives
Ce dossier propose un éclairage sur les dynamiques actuelles des luttes sociales en France, à travers le prisme des mobilisations syndicales, des mouvements pour les droits et de la défense du service public.
Dossier
Articles recommandés pour vous