Les infirmières et aides-soignantes sur leurs gardes
Comme les enseignants, les aides-soignantes et infirmières ont beaucoup à perdre de la réforme des retraites, qui mettra fin aux départs anticipés à 57 ans à l'hôpital public, sans compensation dans la plupart des cas, malgré l'"attention particulière" que le…
Publié le 17 décembre 2019
Comme les enseignants, les aides-soignantes et infirmières ont beaucoup à perdre de la réforme des retraites, qui mettra fin aux départs anticipés à 57 ans à l’hôpital public, sans compensation dans la plupart des cas, malgré l' »attention particulière » que le gouvernement dit leur porter.
La mobilisation des hospitaliers organisée mardi après neuf mois de crise n’a initialement rien à voir avec la réforme des retraites.
Mais ce sujet préoccupe nombre de soignants, conscients qu’ils vont « devoir travailler plus longtemps » au moment où ils dénoncent la « dégradation de leurs conditions d’exercice » et réclament des hausses de salaires, selon la secrétaire générale de la CGT Santé, Mireille Stivala.
Avec le futur « système universel » de retraites par points, censé remplacer les 42 régimes existants, tout le monde sera logé à la même enseigne, ou presque.
Les fonctionnaires verront ainsi leurs pensions calculées sur toute leur carrière et plus sur les six derniers mois, tandis que leurs « dispositifs » de départs anticipés avant 62 ans « seront progressivement supprimés » , à part pour les métiers régaliens dangereux, comme policier.
Les aides-soignantes nées après 1980 et certaines infirmières perdront ainsi leur droit de partir à 57 ans.
« Non seulement, c’est totalement injuste mais ça n’a aucun sens » , insiste Mireille Stivala, aide-soignante de formation, selon qui « 40% » de ses consœurs « ne vont pas au bout de leur carrière en raison de problèmes de santé » liées à la « pénibilité » de leur travail.
Le Premier ministre Édouard Philippe assure que deux tiers des aides-soignantes ne seront pas concernées par le futur système, sans préciser si cela s’applique aussi à la décote prévue en cas de départ avant l’âge d’équilibre, qui doit progressivement atteindre 64 ans de 2022 à 2027.
Dans tous les cas, « on ne va pas pouvoir continuer dans ces conditions jusqu’à 62 (âge légal) ou 64 ans« , estime la présidente de la Coordination nationale infirmière, Céline Laville, ancienne aide-soignante de 40 ans dont le « dos revit » depuis qu’elle est devenue infirmière.
Même constat pour Corinne, 53 ans, aide-soignante (SUD) de nuit aux urgences à Paris, qui « ne se voit pas brancarder à 64 ans » .
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