Révolte au bloc

A l’image de ce qui se passe dans de nombreux hôpitaux publics, l’hôpital départemental de Nanterre (92) est sous le coup d’un plan de retour à l’équilibre financier. Les personnels, pas forcément syndiqués, se sont rebiffés. "

Par Rédaction NVO
Par Rédaction NVO
Publié le 28 décembre 2014
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A l’image de ce qui se passe dans de nombreux hôpitaux publics, l’hôpital départemental de Nanterre (92) est sous le coup d’un plan de retour à l’équilibre financier. Les personnels, pas forcément syndiqués, se sont rebiffés. Reportage.
C’est l’audit commandité par la direction cet été qui met le feu aux poudres. Le document décrète la suppression des dix postes d’aides-soignants du bloc. Guillaume, infirmier de bloc opératoire, raconte pourquoi de telles mesures heurtent l’éthique professionnelle des équipes en place : « Quand, j’ai commencé à travailler à Nanterre il y a une vingtaine d’années, nous comptions environ 600 personnels paramédicaux, ils ne sont guère plus de 250 aujourd’hui. Toutefois, jusqu’au début des années 90, les infirmiers étaient formés avec l’idée qu’ils remplissaient une mission de service public. Les mentalités ont évolué et la part des vacataires n’a cessé d’augmenter parmi les équipes de travail. Malgré cela, il demeure à Nanterre l’esprit d’un sens commun qui génère une transversalité entre nos métiers. On ne ressent pas les castes entre infirmiers, médecins ou agent. C’est sûrement pour cela qu’on se mobilise ensemble pour garder les aides-soignants. »

RENTABILITÉ CONTRE SERVICE PUBLIC

Depuis plusieurs années, les personnels entendent que les objectifs d’équilibre financier de l’établissement ne sont pas atteints. La logique économique se substitue progressivement à celle du service public. Pour les équipes en place, la suppression des aides-soignants est une insulte au travail bien fait. Si celle-ci se pratique dans le privé, elle ne fait pas partie de la culture du service public et va se réaliser au prix d’un travail dégradé : « Ce pseudo audit estime que l’on peut se passer de ces compétences et que tous les postes sont interchangeables. Des brancardiers contractuels devraient suffire à remplacer les aides-soignants titulaires. Or il y a tout un domaine du péri-opératoire qui est resté dans l’angle-mort de cette étude. Par exemple, pour la gestion des stocks des matériels médicaux qui nécessitent une expérience. Une multitude de tâches va donc être reportée sur les équipes soignantes, accentuant ainsi le travail en mode dégradé » relève encore Guillaume.

LA DIRECTION AVAIT « OUBLIÉ » DE CONSULTER LES ÉLUS

Avant même que ne débutât la fameuse étude des aides-soignants étaient convoqués par leur hiérarchie avec l’injonction d’accepter des reclassements à des places dévalorisées, comme à la maison de retraite. Une négation manifeste de leur expérience. Bien que non syndiqué, et non aide-soignant lui-même, Guillaume vient de prendre un mandat au CHSCT. La direction avait oublié la case consultation des IRP. Pour l’heure, cette institution a déjà permis de reporter le projet.
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