Sécurité globale, insécurité sociale

Avec sa loi de « sécurité globale », l’exécutif tente de nous vendre l’idée qu’Emmanuel Macron se fait des « Jours heureux » promis le 13 avril, lors du premier confinement. Non content de nous avoir fait renoncer à une part de nos libertés publiques contre un peu de santé rationnée, le gouvernement veut aussi durcir, banaliser et pérenniser la vie en état d’urgence.

Par Rédaction NVO
Par Rédaction NVO
Publié le 16 décembre 2020
Sécurité globale, insécurité sociale
Avec sa loi de « sécurité globale », l’exécutif tente de nous vendre l’idée qu’Emmanuel Macron se fait des « Jours heureux » promis le 13 avril, lors du premier confinement. Non content de nous avoir fait renoncer à une part de nos libertés publiques contre un peu de santé rationnée, le gouvernement veut aussi durcir, banaliser et pérenniser la vie en état d’urgence.
Sans vraiment convaincre, à en juger par les puissantes manifestations contre cette loi, amplifiées par la médiatisation des images de violences commises par les forces de l’ordre. Il veut nous vendre l’ultra-sécurité au mépris des libertés individuelles et collectives. Face à la peur du déclassement qui gagne du terrain, à la pauvreté qui s’étend, aux inégalités qui se creusent, au chômage et à la précarité qui gâchent tant de vies, à l’insécurité sociale qui taraude des millions de Français, Jupiter répond par une militarisation de la police. Par l’interdiction faite à la presse et aux citoyens de rendre visible la violence illégitime des forces de l’ordre, en particulier contre les mobilisations sociales et contre les populations des quartiers défavorisés. Cette dérive ultra-sécuritaire justifiée prétendument par la protection « de ceux qui nous protègent » est le corollaire de l’hyper-rigidité, la surdité, le déni opposés aux expressions légitimes du mouvement social contre la loi travail, contre la réforme des retraites, contre la casse de l’emploi ou des services publics. Elle a sévi contre les Gilets jaunes comme elle s’en prend désormais à toutes les manifestations. Tandis que frappe cette crise sans pareil, c’est de sécurité sociale dont nous avons besoin. Besoin aussi de donner corps à la devise républicaine. Besoin de démocratie sociale. Parce qu’il va falloir très vite nous mobiliser pour défendre nos retraites, notre assurance chômage, ne cédons pas un pouce de nos libertés démocratiques. À commencer par le droit de vous informer.