syndicat

Fin janvier, ils sont plusieurs dizaines de cadres et d’ingénieurs à s'agglutiner au TDTF, un bar du 19e arrondissement parisien, à l’occasion d’un afterwork de la CGT société d’étude de Paris. Au programme : une discussion autour de l’IA et, surtout, la rencontre d’autres travailleurs proches de la CGT. « Le collectif société d’étude, qui est aujourd’hui un syndicat, s’est lancé en 2024 », rembobine Vincent (dont le prénom a été modifié), qui y coordonne l'accueil et la formation. Il nous raconte son histoire. Ingénieur,  il est embauché à peine sorti d’école. Une entreprise familiale, un peu plus d’une centaine de salariés qui fabriquent des logiciels pour la logistique. L’ambiance est détendue. Après le boulot, les afterworks sont de rigueur. Le patron traverse régulièrement l’open-space, pistolet Nerf en main, pour déclencher des batailles factices avec ces salariés. Mais la détente s'arrête là. « Je ne m'en rendais pas compte, mais derrière la façade, la culture était très toxique, très orientée performance, confie le trentenaire. Tu assimiles que c’est normal d’avoir 5 jobs en un, que c’est un honneur d’avoir des responsabilités. Ça devient normal de rester au bureau jusqu’à 5 heures du matin pour gérer une crise seule alors que t'as que 22 piges. »