Mesurer, flasher à la bombe fluorescente, marquer au pied puis marteler du sceau hexagonal AF (Administration forestière, marque déposée) permettra de suivre l’exploitation et de contrôler le parcours de chaque arbre. De sécuriser la zone aussi. « Ce type d’intervention d’urgence fait autant partie de nos missions de service public que celle de la production de bois pour répondre aux besoins des citoyens et des collectivités dans une optique de renouvellement durable, explique-t-il. D’autres interventions, à l’opposé, se situent sur le long terme et relèvent de l’ordre de la recherche fondamentale ».
Des frênes, des chênes, des peupliers trembles, des charmes, des ormes lisses (sans valeur économique, mais grande valeur patrimoniale) avec leurs « longues pattes » étroites qui grimpent haut sur leur tronc. Le silence, l’isolement, le bruit d’un ruisseau au loin, l’absence de trace humaine. On croirait un décor pour film fantastique façon Le Seigneur des anneaux. C’est une zone protégée par l’ONF, en forêt domaniale de Lisle (2 900 ha), dans la Meuse.
Les deux tiers sont classés « zone Natura 2000 » (zone de protection spéciale) pour les oiseaux, et protègent notamment la cigogne noire dont Dimitri Demange est responsable ONF pour la région Lorraine. À l’intérieur, une deuxième zone vise la conservation de l’habitat et de la flore. Au total, 127 ha sont classés « réserve biologique intégrale ». La COP21 sur le terrain ? À la splendeur des lieux, s’ajoutent la valeur patrimoniale et l’inestimable valeur de préservation écologique.
« On a une essence particulière patrimoniale : l’orme lisse (30 à 40 m de haut), un arbre assez rare qui vit dans les milieux humides dont nous avons très peu de surface, explique Dimitri Demange. Du coup, on fait de la non-gestion, on étudie le comportement du peuplement forestier, celui des oiseaux, des chauves-souris, des insectes qui nous révèlent un tas d’informations sur la zone. Tous ces arbres tomberont de leur belle mort. Autour, on continue de faire de la sylviculture et de produire ».
https://www.thinglink.com/scene/743410425671974912
Les agents sont venus surveiller, vérifier cette zone sensible. Concrètement, observer des arbres, leurs feuilles, leurs nervures, leurs pétioles, observer les micromilieux, l’évolution des lichens, la moisissure des souches… La chasse est autorisée, mais la récolte de bois est interdite à moins que des mesures de sécurité ne l’imposent.
« C’est nouveau à l’ONF, ajoute Dimitri. C’est notre rôle de protection de la forêt et de réserve biologique (la trame verte et bleue, tout un réseau de sites où la nature est protégée pour faire tampon avec d’autres zones où il y aura eu trop de coupe). On applique la loi sur l’environnement, celle sur l’eau, les directives européennes. Dans notre cartographie, on doit prendre en compte toutes les espèces protégées qu’elles soient végétales ou animales. »
Longtemps pointée du doigt par les associations écologiques pour sa logique « de bûcheron » plutôt que pour son intérêt botanique, l’ONF prend désormais en compte la donnée environnementale. Une orientation dont se réjouissent les deux syndicalistes CGT, passionnés de nature. « D’après la taille de ses feuilles, celui-ci doit avoir entre 180 et 200 ans, note Véronique Delleaux. On se sent forcément tout petit à côté. C’est du pur pratimoine forestier avec lequel on ne peut pas faire de l’argent à tout va ».
L’autre raison pour laquelle ils ont choisi ce métier est celle de leur mission de service public. Mais celle-là semble, à l’inverse, plutôt menacée…
Notre reportage en 3 volets sur l’ONF et ses agents :
1 – Tempête et biodiversité
2 – Casse du service public : la forêt s’enflamme
3 – Position et propositions de la CGT
Tempête et biodiversité
Loin de la visibilité de la COP21, les agents de l’Office national des forêts gèrent au quotidien 25 % de la forêt française. Parmi leurs missions : aussi bien l’intervention d’urgence que la préservation de la biodiversité. Des missions de service public mises en danger par le Contrat d’objectifs et de performances (COP) qui lie l’organisme à l’État pour la période 2016-2020 et qui prévoit des départs massifs, la fermeture programmée du centre de formation, des ventes de forêts… La CGT dénonce cette casse du service public forestier et propose un plan de grande envergure. Pour l’emploi et les forêts.
Mesurer, flasher à la bombe fluorescente, marquer au pied puis marteler du sceau hexagonal AF (Administration forestière, marque déposée) permettra de suivre l’exploitation et de contrôler le parcours de chaque arbre. De sécuriser la zone aussi. « Ce type d’intervention d’urgence fait autant partie de nos missions de service public que celle de la production de bois pour répondre aux besoins des citoyens et des collectivités dans une optique de renouvellement durable, explique-t-il. D’autres interventions, à l’opposé, se situent sur le long terme et relèvent de l’ordre de la recherche fondamentale ».
Des frênes, des chênes, des peupliers trembles, des charmes, des ormes lisses (sans valeur économique, mais grande valeur patrimoniale) avec leurs « longues pattes » étroites qui grimpent haut sur leur tronc. Le silence, l’isolement, le bruit d’un ruisseau au loin, l’absence de trace humaine. On croirait un décor pour film fantastique façon Le Seigneur des anneaux. C’est une zone protégée par l’ONF, en forêt domaniale de Lisle (2 900 ha), dans la Meuse.
Les deux tiers sont classés « zone Natura 2000 » (zone de protection spéciale) pour les oiseaux, et protègent notamment la cigogne noire dont Dimitri Demange est responsable ONF pour la région Lorraine. À l’intérieur, une deuxième zone vise la conservation de l’habitat et de la flore. Au total, 127 ha sont classés « réserve biologique intégrale ». La COP21 sur le terrain ? À la splendeur des lieux, s’ajoutent la valeur patrimoniale et l’inestimable valeur de préservation écologique.
« On a une essence particulière patrimoniale : l’orme lisse (30 à 40 m de haut), un arbre assez rare qui vit dans les milieux humides dont nous avons très peu de surface, explique Dimitri Demange. Du coup, on fait de la non-gestion, on étudie le comportement du peuplement forestier, celui des oiseaux, des chauves-souris, des insectes qui nous révèlent un tas d’informations sur la zone. Tous ces arbres tomberont de leur belle mort. Autour, on continue de faire de la sylviculture et de produire ».
https://www.thinglink.com/scene/743410425671974912
Les agents sont venus surveiller, vérifier cette zone sensible. Concrètement, observer des arbres, leurs feuilles, leurs nervures, leurs pétioles, observer les micromilieux, l’évolution des lichens, la moisissure des souches… La chasse est autorisée, mais la récolte de bois est interdite à moins que des mesures de sécurité ne l’imposent.
« C’est nouveau à l’ONF, ajoute Dimitri. C’est notre rôle de protection de la forêt et de réserve biologique (la trame verte et bleue, tout un réseau de sites où la nature est protégée pour faire tampon avec d’autres zones où il y aura eu trop de coupe). On applique la loi sur l’environnement, celle sur l’eau, les directives européennes. Dans notre cartographie, on doit prendre en compte toutes les espèces protégées qu’elles soient végétales ou animales. »
Longtemps pointée du doigt par les associations écologiques pour sa logique « de bûcheron » plutôt que pour son intérêt botanique, l’ONF prend désormais en compte la donnée environnementale. Une orientation dont se réjouissent les deux syndicalistes CGT, passionnés de nature. « D’après la taille de ses feuilles, celui-ci doit avoir entre 180 et 200 ans, note Véronique Delleaux. On se sent forcément tout petit à côté. C’est du pur pratimoine forestier avec lequel on ne peut pas faire de l’argent à tout va ».
L’autre raison pour laquelle ils ont choisi ce métier est celle de leur mission de service public. Mais celle-là semble, à l’inverse, plutôt menacée…
Notre reportage en 3 volets sur l’ONF et ses agents :
1 – Tempête et biodiversité
2 – Casse du service public : la forêt s’enflamme
3 – Position et propositions de la CGT
Dossier
Avant d’être élus, ils n’étaient rien. Depuis, ils le prouvent.
Affaiblie par des crises en interne et l'absence de dialogue social avec le gouvernement, la centrale syndicale historique en Tunisie, l'UGTT (Union générale tunisienne du travail), peine à maintenir une position de force.
Dossier / 2 articles