Un plan à contre-emploi
Le chef de l’État a annoncé, le 18 janvier, ses mesures pour l’emploi. Deux milliards d’euros sont prévus pour la formation de quelque 500 000 privés d’emploi et, surtout, pour une baisse pérenne des cotisations des employeurs. La CGT préconise une surtaxe à la précarité, une mutualisation des moyens des entreprises et une véritable sécurité sociale professionnelle.
Publié le 20 janvier 2016, modifié le 16 avril 2026
Le chef de l’État a annoncé, le 18 janvier, ses mesures pour l’emploi. Deux milliards d’euros sont prévus pour la formation de quelque 500 000 privés d’emploi et, surtout, pour une baisse pérenne des cotisations des employeurs. La CGT préconise une surtaxe à la précarité, une mutualisation des moyens des entreprises et une véritable sécurité sociale professionnelle.
Faire baisser le chômage. Telle est la première des priorités de la majorité des citoyens en France, leur premier vœu pour 2016, l’insécurité sociale restant en tête des préoccupations devant l’insécurité liée au terrorisme. Le taux de chômage au troisième trimestre 2015 est en effet au plus haut depuis 1997, représentant quelque 10,2 % de la population active en métropole – et davantage encore dans les Dom et Com – selon les critères du Bureau international du travail (BIT).
Pour François Hollande, qui a fait de l’inversion de la courbe du chômage la condition de sa candidature à la présidentielle de 2017, le temps presse. Depuis son élection, 650 000 travailleurs supplémentaires sont inscrits à Pôle emploi. L’emploi « est la seule question qui vaille au-delà de la sécurité des Français », a déclaré le chef de l’État à l’occasion des vœux qu’il a adressés aux acteurs de l’entreprise et de l’emploi réunis au Conseil économique, social et environnemental (Cese), lundi 18 janvier.
Cela représente « beaucoup d’aides aux entreprises », souligne Philippe Martinez (CGT), qui dénonce le fait que François Hollande « propose de continuer ce qui ne marche pas ». De son côté, Jean-Claude Mailly (FO) fustige un « PLA, programme libéral accentué », et Laurent Berger (CFDT), estime que les primes pour les PME et le plafonnement des indemnités prud’homales seront « inefficaces » et auront des « effets d’aubaine »…
Pour la CGT, il est urgent d’inverser cette logique. Il s’agit à la fois de développer l’emploi et de sécuriser les salariés. Il s’agit donc, notamment, de remettre l’industrie sur les rails, comme les services, en s’attachant réellement au développement des filières et en favorisant l’investissement productif plutôt que les marges à deux chiffres des actionnaires. Il s’agit aussi de sécuriser les salariés, en réaffirmant la primauté de la loi et en mettant en place une véritable sécurité sociale professionnelle. À l’occasion d’une conférence de presse, le 19 janvier, Eric Aubin a rappelé qu’en matière de générosité telle que la vilipende la Cour des comptes, 25 % des privés d’emploi touchent moins de 625 euros mensuellement. Mais qu’en revanche, la précarité coûte cher à l’Unedic. Qu’il s’agisse des contrats courts, que la CGT propose de surtaxer, ou des ruptures conventionnelles (350 000 supplémentaires en 2015) qui permettent aux entreprises, souvent, d’éviter des préretraites déguisées ou même la mise en œuvre de plans dits de sauvegarde de l’emploi. Catherine Perret, en charge de la négociation sur le CPA (Compte personnel d’activité), a pour sa part rappelé que la CGT propose une véritable sécurité sociale professionnelle. Il s’agit de créer un nouveau statut du travail salarié, avec « un socle commun de droits interprofessionnels, des droits individuels garantis collectivement, opposables à tout employeur et transférables d’une entreprise à l’autre, d’une branche à l’autre ». Il garantirait « la continuité et la progressivité des droits de chacun : droit au CDI ou à un emploi statutaire à temps complet ; à un salaire socialisé garantissant un revenu permanent à tout salarié ; à la formation professionnelle et à l’éducation permanente ; à la Sécurité sociale et à la protection sociale ; à la citoyenneté au travail ». Irréaliste ? Au contraire… les moyens existent, a rappelé Philippe Martinez, soulignant que les petites entreprises sont proportionnellement plus taxées que les plus grosses, que les dividendes versés aux actionnaires ont atteint, en 2014, 231 milliards d’euros et que l’évasion fiscale atteint quelque 50 milliards par an…
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