Une journée de convergences revendicatives

Salaires bloqués, pensions gelées, indice des fonctionnaires en cale sèche, minima sociaux en panne : ces ingrédients nourrissent de nombreux conflits… et la journée de mobilisation appelée par la CGT.

Par Fekher Turki
Par Fekher Turki
Publié le 23 juin 2015
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Philippe Huguen/AFP
Salaires bloqués, pensions de retraite gelées, indice des fonctionnaires en cale sèche, qualifications et responsabilités non reconnues, minima sociaux en panne… mais aussi profits records des grands groupes, dividendes généreux et cadeaux aux entreprises sans contreparties en termes d’emploi : ces ingrédients nourrissent de nombreux conflits sociaux et seront notamment au cœur de la journée de mobilisation du 25 juin à l’appel de la CGT.
La journée du 25 juin sera marquée par des dizaines de rassemblements auprès des préfectures, notamment pour y porter les dizaines de milliers de pétitions collectées ces dernières semaines (voir la carte des mobilisations) pour «l’augmentation du Smic, du point d’indice des fonctionnaires et des minimas sociaux de 10% au 1er juillet 2015 et la tenue d’une conférence sociale sur les salaires, convoquée par le gouvernement avant mi-juillet 2015 sur : – la revalorisation des salaires et pensions; – l’égalité salariale femmes – hommes; – la reconnaissance des qualifications». Mais ce 25 juin va aussi voir converger d’autres dossiers lourds dans les secteurs de la santé, de l’action sociale, des collectivités territoriales et des revendications portant sur la reconnaissance des métiers, les missions, l’emploi et les conditions de travail.

FORTES TENSIONS SUR LA FICHE DE PAIE

C’est peu dire que la conflictualité sur la question des salaires est forte. Elle est aussi très souvent unitaire, à l’image de la mobilisation des salariés de l’ascensoriste Otis le 8 juin à l’appel de leurs organisations syndicales CGT, CFDT, CFTF, CFE-CGC et FO, ou encore le 15 juin, la journée des salariés de l’Apave à l’appel de la CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC et FO. Chez le premier organisme de contrôle et de prévention français, dont le bénéfice opérationnel s’élève à plus de 40 millions d’euros, c’est la proposition de 0% d’augmentation générale pour les cadres, et 0,3% pour les autres (soit à peine 3€ net par mois pour la masse de salariés au minimum garanti) qui a mis le feu aux poudres. La question salariale est aussi en troisième position des préoccupations pour 50% des salariés qualifiés et en responsabilité juste après l’équilibre vie professionnelle-vie privée et la qualité de vie au travail. C’est ce que révèle le sondage Viavoice pour l’Ugict-Cgt publié le 17 juin. Il en ressort que 56 % des cadres (60 % des femmes cadres) et 69 % des techniciens considèrent que leur salaire est en inadéquation avec leur implication. La question du salaire renvoie naturellement à celle du pouvoir d’achat que 51% des Français citent comme déterminant pour relancer l’économie (Sondage CSA pour Les Echos).

FAIRE RECONNAITRE LES MÉTIERS, AMÉLIORER LES CONDITIONS DE TRAVAIL

La date du 25 juin est aussi celle que les organisations syndicales CGT, FA/FP, FO, FSU et Solidaires de l’action sociale, du médico-social et de l’aide à domicile, du public comme du privé ont choisi pour appeler à une journée de grève nationale et de rassemblement. Ce jour-là, se tiendra une réunion de la commission professionnelle consultative de la direction générale de la cohésion sociale, qui doit acter la refonte des formations et diplômes des aides médico-psychologiques, assistants de vie sociale et assistants de vie scolaire. Les syndicats veulent mettre un terme aux politiques d’austérité et de baisse des dépenses publiques. Ils posent aussi la question des moyens humains très dégradés par les suppressions de postes et de services, la casse des métiers et de la formation initiale et continue. Ils veulent aussi s’opposer à la dégradation des conditions de travail, au gel des salaires, à la remise en cause des conventions collectives et à la dégradation du service public et de ses missions.

DANS LA SANTÉ, ILS VEULENT RESPIRER

On retrouve peu ou prou les mêmes ferments de mobilisation dans les professions de santé. La CGT appelle à une journée de grève nationale et de manifestations devant les ARS, les préfectures, ainsi qu’à un rassemblement devant le ministère le 25 juin pour exiger le retrait du pacte de responsabilité et du projet de loi santé, l’arrêt des fermetures de lits et services, l’abandon de toutes les mesures d’économies qui asphyxient les établissements et les services. En ligne de mire, notamment, le plan stratégique à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, très contesté depuis un mois. Là aussi, le personnel revendique le maintien des postes et l’embauche de salariés qualifiés, pour répondre aux besoins de la population et retrouver des conditions de travail décentes. Au centre du conflit, la question du temps de travail avec les menaces sur les 35 heures, non seulement à l’AP-HP et dans tout le secteur hospitalier public.
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