La violence du désespoir
En adaptant pour le théâtre Monologue du nous, de Bernard Noël, Charles Tordjamn nous plonge au cœur de la violence politique comme expression d’un désespoir total sur les ruines de l’ultralibéralisme. Très fort.
Publié le 8 novembre 2016
En adaptant pour le théâtre Monologue du nous, de Bernard Noël, Charles Tordjamn nous plonge au cœur de la violence politique comme expression d’un désespoir total sur les ruines de l’ultralibéralisme. Ce soir, la représentation sera précédée d’un débat avec le philosophe Bernard Stiegler.
« Nous avons perdu nos illusions », déclare A. « Nous n’osons plus penser à la fatigue des révolutions et aux lendemains qui toujours déchantent », renchérit C. Sur scène, quatre jeunes femmes (A,B,C,D) qui préparent un attentat suicide nous font part des causes qui les poussent à passer à l’acte. Celui-ci n’est pas prémédité quand, après une manifestation, un policier est pris en otage puis abattu accidentellement.
Le quatuor devient « Nous », un collectif qui porte d’une même voix un désespoir et une fraternité absolus. « Nous » décide d’aller plus loin, en tuant les responsables d’un libéralisme exacerbé et leurs alliés, non pas en vue de l’avènement d’une société plus juste, devenue inenvisageable, non pas par vengeance mais pour déstabiliser les puissants et répondre au chaos par le chaos. Dans Monologue du nous, le texte de Bernard Noël (P.O.L., 2015), adapté pour le théâtre et mis en scène par Charles Tordjman, la question du désenchantement politique est poussée à son paroxysme.
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