Pour les salariés d’Holiday Inn, c’est gagné !

Après 112 jours de grève et de mobilisation, les salariés du sous-traitant de l’Holiday Inn de Clichy (92), ont obtenu gain de cause.

Par Sarah Delattre
Par Sarah Delattre
Publié le 14 février 2018
8-Holiday Inn Bruxelles
Des victoires retentissantes secouent depuis quelques années les secteurs de l'hôtellerie et du nettoyage. Hyatt, Campanile, Louvre Hotels... Soutenus par la CGT HPE, les invisibles ont su gagner de haute lutte de meilleures conditions de travail, de salaires et souvent l'intégration des sous-traitants au sein des équipes du donneur d'ordres.. Bapoushoo
Un accord de fin de conflit a été signé le 8 février par les délégués des grévistes et les organisations syndicales. Il valide les demandes portées depuis le début de la lutte, le 19 octobre dernier.
« Jamais, nous n’avions connu un conflit aussi long », confiait Éric, équipier en grève venu, lui aussi, à Bruxelles le 10 janvier pour faire entendre la voix des « invisibles de la sous-traitance ». De fait, il aura fallu 112 jours de grève, des manifestations à Barcelone, Londres et Bruxelles (voir notre reportage photo sur cette dernière manifestation) et des actions en justice pour que les salariés d’Hemera, sous-traitant de l’hôtel Holiday Inn de Clichy (92), obtiennent enfin gain de cause. Un accord de fin de conflit a été signé le 8 février par les délégués des grévistes et les organisations syndicales CNT-FO et CGT Hôtels de prestige et économiques, après une négociation menée sous l’égide du préfet des Hauts-de-Seine. Cet accord valide les demandes portées depuis le début de la lutte et notamment, le respect des contrats de travail, la suppression de la clause de mobilité, le paiement des heures travaillées et supplémentaires, le versement de primes de panier. La réintégration de deux salariées mutées abusivement est également acquise. En revanche, les revendications concernant le versement d’un 13e mois et l’embauche directe des salariés du sous-traitant par l’hôtel Holiday Inn – que celui-ci n’envisageait que pour les plongeurs et équipiers – seront examinées ultérieurement, au plus tard fin août 2019. Mobilités forcées, cadences infernales, heures non payées… Depuis le premier jour de leur mobilisation, les 11 salariés, femmes de chambre, gouvernantes et équipiers ont multiplié les actions pour que leur combat soit visible et leur cause – combattre la maltraitance dans la sous-traitance hôtelière – entendue. Ils ont pu compter sur un large soutien de la part de leurs syndicats, de nombreux citoyens, mais aussi de camarades employés dans l’hôtellerie qui, avant eux, se sont battus pour de meilleures conditions de travail, avec succès.
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