Élior : diète sévère dans la restauration d’entreprises
Chômage partiel pour nombre de salariés, recours au télétravail pour d’autres… Les cantines et restaurants inter-entreprises (RIE) sont désertés. Et les entreprises de restauration collective lourdement affectées. Le groupe Élior veut liquider près de 1 900 postes en France, alors que d’autres solutions sont possibles.
Publié le 9 octobre 2020
Chômage partiel pour nombre de salariés, recours au télétravail pour d’autres… Les cantines et restaurants inter-entreprises (RIE) se retrouvent désertés. Et les entreprises de restauration collective lourdement affectées. La restructuration qu’annonce le groupe Élior passe par la suppression de près de 1 900 postes en France. Mais d’autres solutions sont possibles…
La « promesse » d’Élior, « l’appétit du mieux », a désormais un goût amer. Tout au moins pour les salariés de la branche « Entreprises » du groupe de restauration collective qui, depuis le 30 septembre dernier, sont placés de facto devant un plan de sauvegarde de l’emploi.
Ce n’est pas une restructuration, c’est un grand nettoyage. David Deleporte, délégué central CGT chez Élior-Arpège
« La direction justifie cette décision par la crise sanitaire liée au Covid-19 et la baisse importante de clientèle, à peu près de 45 %, qui a suivi. Elle se base donc sur ce chiffre pour procéder à une restructuration », explique David Deleporte, délégué central CGT chez Arpège, la « vitrine haut-de-gamme » du groupe.
« Ce n’est pas une restructuration, constate David Deleporte, c’est un grand nettoyage puisqu’ils annoncent en tout et pour tout 1 888 licenciements, 1 560 chez Élior Entreprises et 328 chez Arpège. » Cela fait beaucoup effectivement pour un groupe qui emploie 9 500 personnes en France.
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La direction nous propose 1 000 places chez Élior, alors qu’Élior licencie 1 500 personnes ! David Deleporte, élu CGT, à propos de la stratégie de reclassement évoquée par la direction d’Élior
Là encore, difficile à avaler. « La direction nous propose 1 000 places chez Élior, alors qu’Élior licencie 1 500 personnes ! », ironise David, qui constate cependant que, depuis cette annonce de PSE, « le cours de l’action en bourse du groupe a pris quelques points ».
Les accidents de travail augmentent de façon exponentielle. Tous les jours, on a des accidents. David Deleporte, élu CGT
Et les salariés n’ont pas vraiment le choix. « Si tu n’y vas pas, tu risques d’être sur la liste. Ce n’est pas possible. Au bout d’un moment, on use les gens », témoigne David, également élu au CSE du groupe. « Les accidents de travail augmentent de façon exponentielle. Tous les jours, on a des accidents. Pas forcément graves mais des blessures au couteau, des gens qui glissent… Ça devient compliqué. »
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