Pôle emploi : les agents se mettent en grève le 1er février
A Pôle Emploi, la pression monte des deux côtés du guichet. Mardi 1er février 2022, une large intersyndicale (CGT, CFDT, CFTC, CGC, FO, SNU, Sud, Unsa, STC et SNAP) appelle à la grève pour « revaloriser les salaires et les traitements », « stopper la dégradation des conditions de travail » et « redonner du sens au travail pour améliorer la qualité du service au public ».
Publié le 31 janvier 2022
À Pôle Emploi, la pression monte des deux côtés du guichet. Mardi 1er février 2022, une large intersyndicale (CGT, CFDT, CFTC, CGC, FO, SNU, SUD, Unsa, STC et Snap) appelle à la grève pour « revaloriser les salaires et les traitements », « stopper la dégradation des conditions de travail » et « redonner du sens au travail pour améliorer la qualité du service au public ».
Ce mouvement, dans la continuité des mobilisations sur les salaires du 27 janvier, est assez inédit dans l’histoire de Pôle emploi, fruit de la fusion entre l’ANPE et les Assedic en 2008. Si les derniers chiffres du chômage sont en baisse, cette embellie se fait au prix d’une plus grande précarité. Par ailleurs, la France compte encore 5,6 millions de demandeurs d’emploi toutes catégories confondues.
On doit accompagner des décisions injustes et violentes à l’égard des chômeurs.Stéphanie, conseillère Pôle emploi en gestion des droits dans le Nord
La situation n’est pas plus reluisante du côté des conseillers en charge de l’indemnisation. Ces derniers, qui ont vu leurs effectifs réduits sous prétexte d’automatisation du traitement des dossiers, doivent digérer les nouvelles modalités d’indemnisation. « On doit accompagner des décisions injustes et violentes à l’égard des chômeurs, en appliquant un schéma de calcul radicalement différent, qui prend en compte aussi bien les jours travaillés que les jours non travaillés. Pour évaluer les droits à indemnisation, on doit remonter deux à trois ans en arrière », témoigne Stéphanie, conseillère en gestion des droits dans le Nord.
Le déploiement du conseiller référent indemnisation (CRI), séduisant sur le papier, fait peser une charge nouvelle. « Chaque agent va se retrouver avec un portefeuille dont il aura la charge exclusive, comme si la direction de Pôle emploi se désolidarisait des conséquences de la “réforme” », critique Sylvie Espagnolle. « L’objectif est que chaque conseiller gère un portefeuille de 700 demandeurs d’emploi, enchaîne Stéphanie. Ce suivi “individualisé”, qui laisse espérer aux demandeurs d’emploi des réponses instantanées, s’ajoute aux courriers à traiter, aux opérations de recouvrement en cas de trop-perçus, aux mises à jour des dossiers… C’est un puits sans fond, on n’arrive jamais au bout. Dans le même temps, dans mon service, on est passé de douze à dix collègues. Les agents les plus expérimentés sont partis, pour trouver le temps d’en former un nouveau, c’est compliqué. »
En 2020, sur 57 611 salariés, Pôle emploi comptait 6 488 CDD, soit 11,3% des effectifs. Les CDD représentant actuellement 80 % des recrutements.
En 2020, sur 57 611 salariés, Pôle emploi comptait 6 488 CDD, soit 11,3% des effectifs. « Les CDD représentent actuellement 80 % des recrutements. En comptant les collègues en service civique, en apprentissage, des sites fonctionnement avec 30 % de contrats précaires, essentiellement dédiés à l’accueil. Un avenant à la convention collective fixe à 15 %, contre 5 % initialement, le volume de CDD pour motif d’accroissement temporaire d’activité, avec prolongement de leur contrat à dix-huit mois », fustige à son tour Laurent Dubost, secrétaire général CGT dans les Hauts-de-France.
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